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© tim douet

Coup de filet de juges lyonnais dans une affaire de stock d'armes

BANDITISME - Des membres de la célèbre équipe de braqueurs surnommée la "Dream Team" sont entre les mains de la justice lyonnaise. La PJ de Lyon et l'Office Central de Lutte contre le Crime Organisé (OCLCO) ont procédé à une quinzaine d'interpellations à Lyon, dans la région de Marseille et en Espagne. L'opération fait suite à la découverte d'un stock d'armes en mars 2012 à quelques kilomètres de Lyon. (Mis à jour à 23h05)

Nathalie Andreassian et Bertrand Grain, deux magistrats de la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Lyon (JIRS), ont procédé ces dernières heures à une quinzaine d'interpellations dans le milieu des grands voyous. A Lyon, Marseille et en Espagne, les policiers de la PJ de Lyon et de l'Office Central de répression du banditisme (OCLCO) ont placé en garde à vue d'anciens membres de la célèbre équipe de braqueurs surnommée la "Dream Team" dans les années 90. Ce coup de filet des magistrats de la JIRS de Lyon fait suite à la découverte d'un stock d'armes à Tramoyes (Ain) à quelques kilomètres au nord-est de Lyon. Des relevés de traces ADN auraient permis de remonter la trace des suspects.

Le 22 mars 2012, les gendarmes pénétrent dans un entrepôt dans lequel ils découvrent l'arsenal idéal pour monter au braquage : sept véhicules dont 5 grosses cylindrées avec de fausses plaques d'immatriculation. Des explosifs, des détonateurs, des gilets pare-balles, des vêtements de la police nationale, des brouilleurs d'ondes ainsi qu'une trentaine d'armes (kalachnikovs, fusils et pistolets automatiques) constituaient le vaste arsenal mis au jour par les gendarmes. Les voitures avaient été soigneusement pulvérisées à l'eau de javel à l'intérieur et à l'extérieur.

Enquête au point mort
Ces derniers mois, cette enquête donnait l'impression d'être au point mort. Les magistrats avaient entre les mains uniquement Gilbert Gabayet et son fils, Grégory, propriétaires du garage où a été découvert l'arsenal. Le fils Gabayet avait loué cet entreprôt 1200 euros à un dénommé Jean-Paul Buisson qui s'était présenté comme employé d'une société domiciliée à Aubervilliers en région parisienne. Le paiement avent été fait en espèces. Le père Gabayet apparaissait comme le suspect idéal et le pedigree supposé de l'homme laissait planer un doute dans l'esprit des enquêteurs quant à son implication dans cette cache d'armes.

Depuis les années 70 et 80, les policiers lyonnais l'ont toujours eu à l'oeil, s'interrogeant sur son rôle et son influence dans le milieu lyonnais. Le père "Gab" se tient pourtant tranquille depuis longtemps dans son immense propriété avec lacs et animaux de ferme dans la proche banlieue de Lyon. La famille Gabayet a toujours contesté tout lien avec ce stock d'armes. Le père Gab était d'ailleurs en Thaïlande au moment de la location de l'entrepôt. Dans le milieu lyonnais, personne ne croyait vraiment que le père Gab ait pu jouer un rôle dans cet arsenal.

Mécano et spécialiste des voitures, d'aucuns affirmaient qu'il n'aurait pas fait l'erreur de laisser le GPS d'un des véhicules actifs. Car au départ, les gendarmes sont sur la piste d'une simple voiture volée. C'est le signal du GPS qui leur permet de situer le signal émis par ce véhicule au sein de l'entrepôt de Tramoyes et de tomber ainsi, par hasard, sur le stock d'armes.

Sans plus d'éléments tangibles sur la famille Gabayet, les juges lyonnais avaient donné le sentiment d'une certaine nervosité dans cette affaire. Un rapport d'expertise génétique aurait été dissimulé à la défense durant près de trois mois, ce qui aurait eu pour effet de retarder la remise en liberté de Gilbert Gabayet et de le laisser réfléchir du fond de sa cellule de la prison de Villefranche-sur-Saône où il avait entamé une grève de la faim.

Récemment, les magistrats ont délivré un mandat d'amener à l'encontre du père "Gab" pour la simple raison que ce dernier avait vu son avocat dans des conditions que le port du bracelet électronique ne permettait pas. Irrités par ces entraves aux droits de la défense, les avocats des Gabayet n'avaient cependant pas moufté.

Poids-lourds du milieu

Mais les interpellations de poids lourds du banditisme donnent une nouvelle impulsion au dossier. Dominique Bellanger, fiché au grand banditisme et frère de Daniel Bellanger dit "Babar" qui est le fondateur de la "Dream Team", a été arrêté à Lyon. La fille de Daniel Merlini, une autre figure du gang abattu en 2010 près de Marseille, a elle aussi été interpellée. Karim Maloum a lui été extrait de sa cellule de Bois d'Arcy pour être auditionné par les enquêteurs de la PJ de Lyon et de l'OCLCO.

Maloum (49 ans) a été arrêté en juillet 2012 à Paris. Il est actuellement incarcéré pour une affaire d'extorsion de fonds avec pour toile de fond les escroqueries à la taxe carbone rendues populaires par l'affaire Neyret. Maloum nie son implication dans ce dossier et avait fini par raccrocher et mettre son passé à distance ces dernières années. L'ex-as du braco avait fondé une association de réinsertion avec l'ancien patron du GIGN, Christian Prouteau. En décembre dernier, il avait commencé une grève de la faim pour protester contre son incarcération.

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