À Lyon, Gérard Collomb mobilise ses réseaux pour Macron

Quelques jours après la démission d’Emmanuel Macron du gouvernement, les soutiens lyonnais du désormais ancien ministre de l’Économie se sont réunis ce mercredi soir sur une péniche des berges du Rhône pour lancer la mobilisation derrière leur futur candidat à l’élection présidentielle.

Les péniches des quais du Rhône se remplissent d’étudiants et de Lyonnais déshydratés. Rouge et blanche, La Plateforme, péniche de réception, est éclairée ce mercredi soir. Ses pontons amarrés, elle est prête à recevoir ses hôtes. Une péniche “En marche” où des jeunes arborant des T-shirts gris floqués du slogan de leur candidat accueillent les invités. C’est la première réunion lyonnaise depuis la démission d’Emmanuel Macron du gouvernement. Les “marcheurs”, comme ils se nomment, se sont donné rendez-vous à 19h45 pour compter leurs troupes et mobiliser. “Environ 700 personnes sur les 3 000 adhérents d’En Marche inscrits à Lyon”, ont répondu à l’appel, annonce Gérard Collomb sous la boule à facettes.

Mobiliser l’écosystème local

Il fait chaud dans la grande salle. “Est-ce que Macron sera là ?” entend-on ici ou là. Pas de Macron à l’horizon, mais les proches de Gérard Collomb sont bien présents. David Kimelfeld, Georges Képénékian, Yann Cucherat, Jean-Louis Touraine ou encore Mohamed Tria, qui l’avait soutenu aux dernières municipales. Le maire de Lyon mobilise son cercle local derrière l’ancien ministre de l’Économie.

Le chef d’entreprise Bruno Bonnell, figure de l’économie numérique à Lyon, est aussi présent. Il est même le maître de cérémonie. “Je n’ai jamais pensé qu’un jour je témoignerais pour un homme politique, mais il y a urgence pour le changement, débute-t-il. En 1983, quand on disait que l’on voulait être chef d’entreprise, c’était difficile. On était forcément trop quelque chose : trop jeune, trop ambitieux, trop seul, trop visionnaire ou trop petit par rapport à ceux qui avaient des situations acquises. J’entends aussi que Macron est trop jeune, trop ambitieux, seul ou tendre. Mais j’ai beaucoup travaillé avec lui et je peux vous dire que tout ce qu’il dit, il le fait, car il travaille pour le bien commun.

Bruno Bonnell passe ensuite la main à de jeunes entrepreneurs locaux. “Qui est entrepreneur dans la salle ?” demande l’un d’eux. De nombreuses mains se lèvent. Vient le tour d’un invité surprise. “Emmanuel Macron sera là ?” Toujours pas. Il s’agit de l’académicien Erik Orsenna, venu chanter lui aussi les louanges “d’Emmanuel”, comme il l’appelle.

Lyon en marche, En Marche comme Lyon

J’ai rencontré Emmanuel Macron à la commission Attali et depuis on ne s’est plus quittés, raconte-t-il. Comme lui, je crois que la politique c’est d’être tous les chevaliers du possible. Et quand j’arrive à Lyon je vois de la niaque et un incroyable dynamisme. Il faut donc mettre des Lyon en France”, explique Erik Orsenna dans un court discours.

Il ne faut pas s’y tromper, en l’absence d’Emmanuel Macron, l’objectif est surtout de faire la promotion du modèle lyonnais. Un modèle forcément mis en avant par Gérard Collomb : “Quand je suis arrivé comme maire dans le 9e arrondissement, la situation économique et sociale était dramatique. Mais on n’a pas voulu pleurer, nous sommes allés de l’avant pour reconstruire ce quartier.” Lyon, un modèle pour Macron ? Assurément, pour le maire de Lyon : “Ce que nous avons fait à Lyon au niveau local, il est possible de le faire au niveau national en étant à l’écoute et en regardant ce qu’il se passe. Et Emmanuel Macron est quelqu’un à l’écoute, car on ne fait rien de grand sans écouter les autres.

Cibler les jeunes pas forcément très nombreux pour cette soirée

Le discours évidemment pro-business est aussi beaucoup axé sur la jeunesse. Une jeunesse qui ne se presse pourtant pas sur la péniche. Bien sûr, une bonne dizaine de jeunes “marcheurs” sont présents, mais comme dans tous les partis politiques classiques, ils sont affectés à la réception des invités ou au stand des dons. Pour le reste du public, les tempes sont plutôt grisonnantes et les costumes ajustés. “Emmanuel Macron mise sur la jeunesse, explique tout de même Gérard Collomb. Il veut faire en sorte que ceux qui n’ont connu que la crise depuis leur naissance, qu'elle soit sociale, morale ou économique, puissent aujourd’hui aller de l’avant.

Disparition de la gauche ?

Dans le public, personnes de gauche proches du PS et de droite se côtoient. “J’ai toujours voté à droite, plutôt tendance Juppé, mais ce que dit Emmanuel Macron m’intéresse”, explique l’un d’eux. D’autres ont toujours navigué entre un côté et l'autre et trouvent chez Emmanuel Macron une parfaite synthèse de leurs choix précédents. “Le clivage gauche/droite a fait perdre la France depuis trente ans et nous pousse dans l’immobilisme. Aujourd’hui, le monde bouge et l’époque est désormais à l’innovation. Si nous restons dans cet immobilisme, la France va disparaître. Les vieilles recettes économiques sont périmées et l’État doit comprendre ce changement”, scande le maire de Lyon sur scène. Pour la suite, les soutiens d’Emmanuel Macron se retrouveront en compagnie de leur candidat les 23 et 24 septembre lors du “colloque des réformistes européens et mondiaux” qui aura lieu à Lyon.

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