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Food Traboule, le nouveau temple de la cuisine, enflamme et enthousiasme

Edito - A peine ouverte, Food Traboule, la démente nouvelle adresse de restauration lyonnaise de la mythique Tour Rose rencontre un enthousiasme qui hisse ce restaurant hybride au niveau des plus grosses audiences culinaires de Lyon. N'en déplaise aux grincheux de service.

Food Traboule. Le nom a sacrément fait jaser sur les réseaux sociaux. Certains ont hurlé à la trahison, à la fourberie en assurant qu'il allait s'agir ni plus ni moins que d'un nouveau "Burger King" dans le Vieux-Lyon. Que le mot food était scandaleusement inapproprié. Etc. A ces persifleurs ( la critique et le jugement étant des classiques historiques de la culture française), nous ne pouvons que conseiller d'aller faire un tour dans ce nouveau temple de la cuisine, tout sauf "junk".

C'est plutôt un lieu hybride entre rock et Renaissance. Cheminée gothique et mange-debout.

Food Traboule, c'est à y penser un compromis plutôt malin entre les racines purement lyonnaises (la traboule, du latin trans ambulare et "symbole de la lyonnitude", peut-on lire dans le Dictionnaire historique de Lyon) et l'anglais, troisième langue la plus parlée dans le monde (après le chinois mandarin et l'espagnol). Pour un quartier qui accueille 2,5 millions de visiteurs par an (sur 16,5 hectares, soit 15 personnes au m2), dont 30 % d'Anglo-Saxons, l'anglicisme semblait judicieux.

Cette mise au point linguistique étant faite, le succès ne s'est pas démenti pour l'ouverture mercredi à 11h00 : 250 personnes pour le déjeuner et 400 le soir (avec, en prime, une bonne grosse file d'attente). Une journée qui ressemble aux "audiences" haut perchées de L'Ouest, la brasserie cardinale historique de Paul Bocuse, sur les quais de Saône, à Vaise. C'est 70 % du nombre de couverts journaliers de la mythique Brasserie Georges.

650 couverts le premier jour

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Les chiffres ne trompent pas. Pour son ouverture (il faut évidemment y voir le moment spécial de l'ouverture, la nouveauté), Food Traboule a vécu un succès monstre.

Et non, ce n'est pas de la malbouffe. Tout le contraire. A la différence des autres food courts de Lyon ( La Commune à Gerland, Heat à Confluence, Food Market à la Part-Dieu), Food Taboule - La Tour Rose n'est pas un incubateur de chefs, un tremplin pour jeunes cuisiniers novices : les dix comptoirs-restaurants sont tous tenus par des professionnels ayant déjà pignon de pin sur rue (à l'exception de La Baraque à sucre).

On y mange aussi bien une cuisine de rue revisitée à la sauce lyonnaise signée La Meunière (tout sauf  de la junk food) : kebab d'andouillette et frites de quenelle, le tout accompagné de nuggets de tablier de sapeur. Bluffant. Ou une fricassée de coeurs de canard, txistorra, champignons de Paris et persillade au Bistrot du Potager, qu'une gaufre de pain au mascarpone et truite gravlax d'Isère au Substrat qu'un oeuf hollandais présenté onsen japonais aux cèpes, cébettes, noisettes torréfiées sur une purée de topinambours des Apothicaires, etc.

Quant au prix, l'oeuf (un vrai plat bistronomique) est à 10 euros, la gaufre à la truite à 8 euros,  et on s'est partagé à deux un kebab d'andouillettes, frites de quenelles et nuggets de tablier de sapeur avec un coteaux-du-lyonnais "Les Traboules" de Clusel-Roch 2018 au verre : 17 euros chacun (juste après ça ce triptyque enthousiasmant on était repus-la-peau-du-ventre-bien-tendue-merci-petit-Jésus).

Dernier point, Food Traboule travaille avec des personnes en réinsertion ou qui ont le statut de réfugiés . Le lieu vise également, à court terme, le zéro déchet.

Alors, à tous les persifleurs, railleurs, cyniques et grincheux de service de tous poils, venez plutôt trabouler à la nouvelle Tour Rose.

PS : je n'ai aucune part dans l'histoire, je suis fauché comme les blés.

A Lyon, Food Traboule ambitionne de booster la cuisine

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