Le Père Toufik
© Tim Douet

L’Autre Direct avec le père Toufic

Curé du village syrien de Maaloula, qui peine à reprendre vie après avoir été occupé par les djihadistes entre septembre 2013 et avril 2014, le père Toufic est l’invité de L’Autre Direct. Il est de passage à Lyon pour un dîner organisé par l’association SOS Chrétiens d’Orient.

Ni l’archevêché ni la mairie de Lyon n’ont souhaité le recevoir. Le fait qu’il ait été invité en France par Robert Ménard, le maire de Béziers élu avec le soutien du FN, y est sans doute pour beaucoup. Reçu par les réseaux traditionalistes, le père Toufic Eïd est venu raconter la difficile reconstruction après l'occupation djihadiste et surtout "le grand défi de réapprendre à vivre ensemble, musulmans et chrétiens", dans ce village où tous partagent le fait d'être parmi les derniers à parler encore l'araméen.

Mais le père Toufic est aussi venu exprimer sa colère à l'égard de la France, qui à ses yeux "combat les djihadistes au Mali mais les soutient en Syrie". Quand on le pousse un peu, le prêtre tombe assez facilement dans le "complotisme" : les massacres perpétrés par Bachar el-Assad ? Un "mensonge" bien orchestré par les médias français, qui ne s’abreuvent qu’à "une seule source, l’AFP". L’attentat de Charlie Hebdo ? "Vous avez vu tous ces gens qui étaient déjà prêts à réagir ? C’était préparé. Demandez-vous à qui cela profite. Même le 11 Septembre, c’était préparé", nous a-t-il lancé hors antenne, à l'issue de l'interview.

Ces dérapages expliquent certainement la gêne autour du père Toufic Eïd, venu en France pour nous reprocher notre soutien à un "printemps arabe" qui, vu de Maaloula, n'a jamais été qu'un "hiver bien difficile". "J'ai regardé ce que nous a proposé ce printemps arabe. Ils voulaient que Bachar s'en aille… Et après, on met quoi ? Rien. Le néant. Regardez l'Irak s'il y a plus de libertés aujourd'hui", nous a-t-il interrogé avant de quitter les locaux de Lyon Capitale. Histoire de rappeler qu'à Maaloula c'est entre les djihadistes et le régime de Bachar el-Assad qu'ils ont eu à choisir.

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