“La mémoire se détériore si on ne l’active pas”

Même en maison de retraite, les personnes âgées souffrent d’isolement. Le manque de communication a des effets néfastes sur l’estime de soi et sur les souvenirs de l’individu. Le collecteur de mémoire, par son intérêt pour l’histoire intime des gens, peut contribuer à guérir ces maux.

Pas toujours évident de passer du temps auprès de l'aïeul en maison de retraite. Nombre de personnes âgées souffrent d'isolement, même en institution. Un sentiment qu'il est possible d'éviter par l'écoute et l'attention.

Dans l'espoir de recréer un lien avec leur parent, certaines familles font appel à un collecteur de mémoire. Olivier Thomas est l'un d'eux. "Les structures accueillent physiquement les individus, s'occupent des soins, mais pas plus, estime-t-il. On ne demande rien aux résidents, on n'a pas de discussion avec eux sur leur vie. Leur mémoire se détériore si on ne l'active pas."

Réhumaniser le patient

Le métier de collecteur de mémoire émerge depuis une vingtaine d'années. Sa fonction première est le recueil de récits personnels et le travail sur archives, pour mettre en résonnance les destins privés et l'histoire. Mais il peut jouer un rôle bénéfique pour les personnes qui témoignent. Outre l'entretien des souvenirs, donc des capacités cognitives, le dialogue permet de valoriser le résident. Le professionnel explique : "C'est un traumatisme d'entrer en maison de retraite. Pourtant, la personne vient avec son passé. En parler permet de l'humaniser." Le fait d'être écouté rend à l'individu son estime de soi. Il devient un peu plus qu'un patient parmi d'autres.

Olivier Thomas travaille par sessions. Le temps qu'il faut, le nombre de fois nécessaire. Avec le senior, il fixe à l'avance les thématiques et les périodes de la vie dont ils vont parler. Le collecteur enregistre le dialogue. Il en tire un CD audio et un livret biographique qu'il remet à son interlocuteur, à sa famille et à la maison de retraite. Les productions permettent aux familles de renouer avec leur passé et aux maisons de retraite de mieux connaître leurs patients.

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