À la une : ces projets fous qui auraient pu changer la face de Lyon

Et si les projets les plus fous pour Lyon avaient été réalisés ? Quel visage aurait aujourd’hui la ville ? Avec ses deux collines et ses deux cours d’eau, Lyon a été un terrain de choix pour les esprits les plus créatifs. Au XIXe siècle, utopies et rêves d’architectes se sont enchaînés. Palais-île de justice, tour gigantesque avec vue sur la Méditerranée et autres passerelles entre Fourvière et Croix-Rousse… Pour Lyon Capitale, les dessinateurs Romain Lardanchet et Emmanuel Picq leur ont donné forme.

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Fin XVIIIe, la Révolution laisse Lyon exsangue. La ville, qui a osé défier la Convention, est menacée de disparition par un décret. Symboles de l’Ancien Régime, les façades de la place Bellecour ont été détruites par une armée d’ouvriers. Le projet de Perrache pour aménager la Presqu’île est au point mort. L’arrivée de Napoléon va tout changer. Sous son impulsion, la ville va progressivement recouvrer de sa superbe, notamment sur les pentes de la Croix-Rousse où les soyeux déménagent suite à l’invention du métier à tisser Jacquard (en 1801).

Des gares et des ponts

Une autre révolution industrielle va marquer la ville. En octobre 1832, un premier train de voyageurs circule entre Lyon et Saint-Étienne. Les deux villes sont en plein essor, la première portée par la soie, la seconde par le charbon. Pourtant, malgré cet exploit, la gare lyonnaise n’est alors qu’une cabane au bord du Rhône, juste après le pont de la Mulatière, sur la Presqu’île. Fragile, elle est détruite par une inondation en 1840. En 1845, est alors construite la gare du Bourbonnais (sur l’emplacement de l’actuel Marché Gare). Mais Lyon ne peut se contenter d’une si petite gare. Trois projets s’affrontent : à Perrache, à la Guillotière dans le cadre de l’utopie urbaine de Crépet, et enfin place Bellecour. C’est le premier qui sera choisi, en 1845.

À la même époque, la mode est aux ponts majestueux, qui prolifèrent dans le monde entier. En 1847, des architectes réfléchissent pour Lyon à une liaison entre la Croix-Rousse et Fourvière. Ces deux collines que tout oppose apparaissent alors comme isolées face à un centre-ville qui va être radicalement bouleversé. Les canuts sont de nouveau à l’origine du changement de la ville, mais cette fois malgré eux.

Des artères d’ordre public

Souhaitant mater rapidement les révoltes futures, les autorités du Second Empire veulent empêcher la Croix-Rousse de devenir un bastion imprenable et faciliter les charges de cavalerie sur une presqu’île envahie par les traboules. En 1853, Vaisse entreprend une politique de grands travaux qui mènera au percement des rues Impériale (actuelle rue de la République) et de l’Impératrice (aujourd’hui Édouard-Herriot). Des travaux fous pour l’époque, qui prouvent cependant que Lyon est capable d’aller au bout de ses ambitions.

Et des utopies

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Mais d’autres projets, tout aussi impressionnants, sont restés lettres mortes. Nous les avons sortis des cartons pour les confier au dessinateur Romain Lardanchet, accompagné par Emmanuel Picq à la couleur. À
découvrir dans Lyon Capitale-le mensuel de janvier 2013 : le palais de justice sur la Saône de Baltard, le pont Hercule de Vergniais et celui proposé par Eiffel, les “Champs-Élysées” du projet de Crépet pour la Guillotière, la tour Pitrat, le palais Napoléon à la Confluence, la gare qui aurait pu occuper la place Bellecour, la croix au gaz de Fourvière…

Lyon Capitale n°718 est en vente en kiosques jusqu’au 24 janvier, et dans notre boutique en ligne.

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