A Lyon, Food Traboule ambitionne de booster la cuisine

Le très attendu nouveau concept de restauration lyonnais, installé dans un des lieux patrimoniaux les plus emblématiques de Lyon, ouvre ce mercredi 15 janvier 2020 à 11h00.

Trabulare (du latin trans ambulare), "passer à travers". Les traboules sont des couloirs d'immeubles, des allées – selon l'expression lyonnaise – qui permettent de communiquer d'une maison à une autre sans emprunter de rues (...). La traboule est un lieu de sociabilité urbaine. La traboule a bien été construite pour le Lyonnais et non pour le touriste qui, aujourd'hui, est attiré par ce labyrinthe d'ombre. La traboule est un des symboles de la lyonnitude. (in Dictionnaire historique de Lyon).

Food. Anglicisme à la mode et mot pivot pour définir tout ce qui a trait à la nourriture, aux modes et habitudes alimentaires.

Food Traboule. Anglicisme hybride déposé en 2018 par le couple Tabata et Ludovic Mey (Les Apothicaires, Lyon 6e).

Ça ressemble à un food court (La Commune à Gerland, Heat à Confluence, Food Market à la Part-Dieu, bientôt peut-être Leaf Market et Les Halles du Japon à la Guillotière) mais c'est tout sauf un food court (une grande zone ou salle avec de petits restaurants vendant de nombreux types de nourriture qu'on peut manger à des tables au milieu de la zone).

Food Traboule est un lieu de vie, une invitation au voyage. Qui a pour ambition d'attirer les touristes et faire revenir les Lyonnais dans le Vieux-Lyon.On déambule, on traboule – façon passage d'une "maison", au sens de restaurant, à une autre – allure papillon (accrochés à certains pans de mur) ou "Sion", croisement entre le silure, poisson d'eau douce très présent entre Rhône et Saône, et le lion, animal héraldique lyonnais, dont une sculpture de 2,2 mètres de long est suspendu en haut d'un escalier.
Sion, la Terre promise culinaire.

Hors du temps

Le lieu – la Tour Rose, propriétée de la SACVL – à l'abandon depuis 2016, a nécessité un chantier colossal, pour ne pas dire titanesque de près de trois ans (Cécile Rémond, architecte du patrimoine, et Pierre Dumas du Collectif Saône ont eu la responsabilité de réhabiliter ce lieu patrimonial). On entre via la rue du Boeuf, par l'ancien "Bar du Jeu de Paume" (clin d'oeil à l'un des murs de la salle portant encore les traces des balles lancées jadis). Manoir au "style cosy", avec ses fauteuils près de l'imposante cheminée (sauvée de la démolition du Château d'Irigny).

Au premier étage, on embarque sous la mythique grande verrière dans une "ambiance de jardin d'hiver", désormais habillée de plantes suspendues, de guirlandes lumineuses, de grandes banquettes en cuir. On poursuit dans un ancien wagon-restaurant, avec des bancs chinés de la SNCF habillés de céramique, des comptoirs en bois sculptés avec les boiseries (récupérées et restaurées) de la Tour Rose, plafonds à la française, sol en damier d'origine, etc. On continue une sorte de "cabinet de curiosités", qui rappelle l'atmosphère de Jules Verne.

Bonne pioche : les tapis parsemés sur le sol en pierres brutes ajoutent à l'effet appart lyonnais, "chez soi".

Au total, des comptoirs d'une douzaine de mètres carrés qui rassemble la diversité de la jeune cuisine lyonnaise, à la fois pétillante et créative, qu'on mange à l'une des 240 places assises, dans de de la vraie vaisselle.

À Lyon Capitale, on est persuadé que Food Traboule va consacrer Lyon dans le carré des grandes métropoles gustatives.Un second souffle pour la Tour Rose, portée aux nues dans les années 1990 par le génialissime cuisinier Philippe Chavent. Et un second souffle pour la cuisine lyonnaise, qui pourrait bien prochainement briller sur la scène mondiale.

Food Traboule – La Tour Rose
22, rue du Boeuf (Vieux-Lyon)
04 87 91 55 33
Du mardi au samedi, de 9h à 23h ; dimanche de 10h à 20h.

 

 

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