À Lyon, "Un chez-soi d'abord" ou comment réinsérer par le logement

Le programme " Un chez-soi d'abord " a été officiellement lancé à Lyon ce jeudi 11 avril. Le but du programme est de reloger des personnes sans-abri avec des troubles psychiatriques sévères.

Après  Lille, Marseille, Paris et Toulouse, l'initiative " Un chez-soi d'abord " arrive à Lyon. Le principe est simple, louer des logements " ordinaires " pour des personnes sans domicile fixe présentant des troubles psychiatriques, " une réponse à un vrai besoin d'insertion dans la cité de personnes fragiles ", selon le Dr Jean-Yves Grall, président de l'Agence Régional de Santé. Ce projet national se déploie dans la métropole lyonnaise avec la création d'un dispositif local. Un Groupement de coopération médico-social a été mis en place et est géré par la fondation ARHM et trois associations, LAHSo, Le Mas et Oppelia avec le soutien de l'état, de l'Agence Régionale de Santé et de la Métropole.

100 places proposées d'ici 2 ans.

Ensemble, ils ont formé une équipe de 7 professionnels médico-sociaux pour épauler les bénéficiaires. " Il faut prendre en compte les compétences, les choix de vie et les projets des personnes pour mieux les accompagner ", explique Agnes Marie-Egyptienne à la tête du groupement. Dans la métropole lyonnaise " 11 personnes ont été examinées par la commission d'admission et 3 personnes ont déjà intégré un logement ". La délégation gouvernementale liée au ministère de la Santé et du Logement espère proposer 100 places d'ici deux ans.

85 % des bénéficiaires restent dans leur logement après 24 mois

La viabilité du projet est déjà prouvée selon ses instigateurs. Une expérimentation sur deux ans a montré que 85 % des personnes bénéficiant du programme " Un chez-soi d'abord " se maintiennent dans leur domicile. Une performance bien supérieure à l'offre habituelle. Une performance humaine, sociale avec des retombés économiques. Le programme coûte 14 000 euros par an et par personne prise en charge, " une non-dépense sociale " selon  Jean-Yves Grall. Avec des durées d'hospitalisation réduite de 50 % et les places libérées au sein des structures d’hébergements,  "Un chez-soi d'abord " permet d'économiser environ 6000 euros sur coût annuel des prises en charge classiques.

À terme 20 dispositifs répartis sur toute la France doivent accueillir d'ici 2023 2000 personnes. Un premier pas remarquable en faveur de la réinsertion des personnes sans-abri les plus vulnérables. Malheureusement, cet objectif reste très insuffisant si l'on prend en compte l'ensemble des personnes en difficulté de logement en France. La dernière étude de l'INSEE, en 2012, comptait 141 500 personnes sans domicile fixe, dont 12 700 sans-abri.

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