Le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba a déposé une plainte pour agression en mars dernier. Il accuse notamment le gérant d’une entreprise de construction givordine de l’avoir attrapé, menacé et insulté © MAXPPP
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Agressions d’élus : comment réagissent les maires de la métropole de Lyon ?

Alors que les agressions d’élus augmentent année après année, Lyon Capitale se penche sur le cas des maires victimes de violences. Des situations parfois différentes des agressions ou menaces de députés. Analyse.


Généralement peu engagés dans les querelles politiques nationales, certains maires de la métropole de Lyon paient, pourtant, un lourd tribut de leur statut. Ces deux dernières années, les maires de six communes de la métropole ont été agressés physiquement : Bron, Villeurbanne, Mions, Grigny, Givors et le 8e arrondissement de Lyon. Loin d’être nouveau et cantonné aux seuls maires, le phénomène s’amplifie. Le nombre d’agressions d’élus en 2021 a augmenté de 47 % en France par rapport à l’année précédente, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. En outre, la plupart des édiles ne comptent plus les menaces de mort. “Dès que j’ai été élu, j’ai commencé à recevoir des lettres de menaces, notamment à caractère raciste”, exprime Mohamed Boudjellaba (EÉLV), le maire de Givors, au sud de Lyon.




Des tags visant Jérémie Bréaud, sur une palissade de chantier en 2021. Le maire de Bron avait déjà fait l’objet de menaces de mort. Une plainte avait été déposée et une protection policière accordée à l’édile © Antoine Merlet


Les agressions des députés différentes de celles des maires


Un mouvement de violence envers les maires qui touche aussi les députés. En tout, 1 186 élus ont été pris pour cible en France durant les onze premiers mois de 2021. Dans le détail, 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints ont été victimes d’agressions physiques. Il y a eu, en plus, 419 outrages recensés, en augmentation de 30 % par rapport à 2020. S’il n’existe pas de statistiques régionales, les députés du Rhône n’ont pas été épargnés. Alors que les mécontents du passe sanitaire étaient nombreux, plusieurs députés ont été menacés. À l’image de Jean-Luc Fugit (LREM) qui a reçu une quinzaine de lettres de menaces en quelques mois. Un cas loin d’être isolé. Toutefois, pour le politologue lyonnais, Daniel Navrot, les violences faites à un député n’ont pas les mêmes causes que celles faites à un maire : “Pour les agressions de permanences parlementaires et les menaces des députés, l’action se situe dans le champ politique. Elle vise un gouvernement et ses représentants. C’est de l’antiparlementarisme classique et c’est souvent différent d’une agression d’un maire.” Dans les faits, ces violences prennent plutôt place dans le cadre de la gestion des affaires courantes de l’édile. “Les agressions ne sont pas le quotidien non plus mais cela arrive. Il suffit de tomber sur la mauvaise personne, celle qui sera fâchée pour telle ou telle décision touchant sa vie”, explicite le maire de Bron, Jérémie Bréaud (LR).

Des élus à portée de gifle


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