Epandange de pesticides dans le nord de la France en 2012 © Philippe Huguen / AFP
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Auvergne-Rhône-Alpes : tous empoisonnés au glyphosate

Consommatrice gloutonne de pesticides, la région est largement polluée par les résidus de ces substances toxiques. À l’occasion du procès Paul François/Monsanto, dont le verdict sera rendu le 11 avril à Lyon, Lyon Capitale fait le point sur l’état des rivières autour de Lyon (nature des polluants et concentration), les risques encourus et les blocages politiques.

Vous reprendrez bien une petite rasade d’épandage toxique ? Dans la terre, l’air et l’eau, les habitants du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, comme l’ensemble des Français – et la grande majorité des Terriens –, sont exposés à des substances dangereuses issues du traitement des cultures agricoles. La cellule régionale d’observation et de prévention des pollutions par les pesticides (Croppp), organe spécialisé de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), considère la pression phytosanitaire comme forte dans le Beaujolais et importante sur quasiment tout le territoire extramétropolitain du Rhône, ainsi que dans l’ensemble de la vallée du Rhône. Des produits dangereux, parfois interdits depuis de nombreuses années, voire potentiellement cancérogène pour le glyphosate.
“On nous a dit pendant vingt ans que le glyphosate était biodégradable, et maintenant on en retrouve partout dans les rivières et les urines des gens !” (Paul François)

La carte des achats de pesticides, dont la publication a été obtenue de haute lutte par l’association Eaux et Rivières de Bretagne après un recours auprès de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), donne une idée de l’addiction. Quelque 518 tonnes de pesticides ont ainsi été vendues dans le Rhône en 2017, dont 75 de glyphosate – devancé par le soufre pour pulvérisation, viticulture oblige –, ce qui place le département dans le milieu de tableau national, mais dans le premier quart lorsque l’on rapporte cette quantité à la surface agricole utile. En 2017, les agriculteurs rhodaniens ont utilisé en moyenne 3,74 kg de pesticides par hectare. Pourtant premier département bio de France, la Drôme en consomme 4,24 kg. Bref, entre les plaines céréalières de l’Ain, les coteaux viticoles du Beaujolais et de la vallée du Rhône et les vergers drômois, le terroir est aussi riche que ruisselant de produits chimiques. Ça dégouline ! Vers les cours d’eau, notamment. La pollution des sols n’étant pas mesurée, c’est vers les ressources aquatiques, superficielles et souterraines, que convergent les analyses, inquiétantes.

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