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Carburant : amélioration dans le Rhône, stock et menace de Total

Malgré la grève dans la raffinerie de Feyzin en cours depuis le week-end dernier pour contester la loi Travail, la préfecture du Rhône annonce une amélioration de l'approvisionnement en carburant dans la région.

La journée de vendredi a vu se débloquer quelques situations concernant l'approvisionnement en carburant dans le Rhône, pour compenser la grève en cours à la raffinerie pétrolière du groupe Total à Feyzin. Alors que 121 stations services du département étaient en rupture ou en difficulté d'approvisionnement hier matin, les difficultés ne concernaient plus que 65 d'entre elles en fin d'après-midi. Au niveau régional, sur près de 1780 stations services, 464 était en rupture ou en difficulté d'approvisionnement hier après midi contre 544 le matin.

8 jours d'autonomie pour le gazole, 13 jours pour le sans plomb

Si de nombreuses stations sont encore en difficultés d'approvisionnement, la situation tend à se rapprocher de la normale dans les dépôts d’approvisionnement de carburant, à savoir 8 jours d'autonomie pour délivrer du gazole et 13 jours pour du sans plomb. En effet, depuis le début de la semaine, les dépôts sont progressivement approvisionnés par la pipeline Méditerranée Rhône située non loin de Vienne. Ainsi, des camions viennent régulièrement transférer le carburant depuis ces dépôts jusqu'aux stations services. Exceptionnellement, les dépôts seront ouvert ce samedi. Dimanche, seul le principal dépôt, celui du Port Edouard Herriot, sera également ouvert pour la matinée. Ces ouvertures permettront, selon la préfecture, à la fois d'assurer le ravitaillement en carburant pour le week-end, mais aussi de préserver le temps de repos des équipes de conducteurs de citernes pour la semaine prochaine. Un arrêté zonal a été pris par le préfet Michel Delpuech pour autoriser la circulation de ces camions citernes pendant tout le week-end.

Réserves stratégiques et menaces du groupe Total

Une directive européenne oblige les Etats membres à détenir des stocks de carburants qui représentent trois mois de la consommation moyenne de l'année précédente. Depuis le début des mouvements de grève au sein des raffineries françaises, les pouvoirs publics se sont accordés avec l'union française des industries pétrolières pour pouvoir puiser dans ces stocks. Cependant, l'afflux d’automobilistes craignant une pénurie a multiplié la consommation de carburant pour trois ou par cinq dans certaines zones.

Chaque année à Feyzin, c'est 5,4 millions de tonnes de pétrole brut qui sont raffinés, soit une quantité plutôt basse par rapport au huit autres raffineries de France. À titre d'exemple, la raffinerie de Donges, elle aussi appartenant au groupe Total, traite 11 millions de tonnes brut de pétrole par an. Les mouvements de contestation de la Loi Travail au sein des raffineries ont poussé le nouveau PDG de Total, Patrick Pouyanné, à la menace : celle de "réviser sérieusement" les investissements que la compagnie avaient prévus pour sa branche raffinage-pétrochimie. Mardi dernier, en marge de l'assemblée générale des actionnaires de la compagnie, il déclarait que : "si nos collègues veulent prendre en otage, pour une cause étrangère à l'entreprise, un outil industriel, il faut qu'on se pose la question de savoir si c'est là que nous devons investir." Le coût de l'arrêt de la production des cinq raffineries française du groupe Total est estimé entre 40 et 45 millions d'euros de perte par semaine. Cependant, seul la modernisation de la raffinerie de Donges pourrait être remise en cause si la contestation se poursuit.

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