(Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Ce qu’il faut retenir de l’année politique 2021 à Lyon

Lyon Capitale fait le récap’. Ce samedi, nous vous proposons de revivre les grands épisodes du feuilleton politique de l’année 2021.

Laurent Wauquiez largement réélu

Avec 55,17% des suffrages, Laurent Wauquiez a été réélu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour les six prochaines années. À droite, il a réalisé le meilleur score. Un plébiscite électoral qui l’a replacé sur le devant de la scène après une traversée du désert. “J’ai connu des soirs où il faut se remettre en question et ce soir, je suis d’autant plus touché par cette victoire franche”, savourait-il le 27 juin au soir. Laurent Wauquiez avait fait le choix d’une campagne courte, dans un contexte sanitaire morose, et axée sur son bilan. Le scrutin avait été assez binaire, polarisé en tout. L’abstention a battu des records : 66,5%. Le Rassemblement national conduit par Andrea Kotarac s’est effondré (11,18%). À gauche, les écologistes ont confirmé leur leadership local. Najat Vallaud-Belkacem a, elle, raté son retour en politique.

Laurent Wauquiez enjambe 2022

Les élections régionales lui avaient ouvert un boulevard à droite. Positionné depuis près de dix ans sur le créneau de la droite décomplexée, Laurent Wauquiez abordait une éventuelle primaire interne en position de force à la fin de l’été 2021. Il a finalement estimé que son heure n’était pas venue et a donc fait l’impasse sur 2022. Une décision justifiée par son souhait de ne pas rajouter de la division à la division. “Ces dernières années, j’ai traversé des épreuves et nous avons connu aussi de belles victoires, encore récemment avec l’élection régionale en Auvergne-Rhône-Alpes. J’ai appris des erreurs comme des succès. Être candidat à l’élection présidentielle, c’est assumer une grande responsabilité devant les Français. Il faut avoir la lucidité de reconnaître qu’aujourd'hui aucun candidat ne s’impose à droite”, expliquait-il. Officieusement, il a passé son tour estimant Emmanuel Macron en position de force. Les premiers sondages depuis l’investiture de Valérie Pécresse donnant un léger avantage à la candidate LR lui laissent peut-être des regrets un trimestre plus tard ?

Bruno Bernard hérisse son opposition

Lors de sa rentrée politique, sous les serres de l'entreprise Maréchal Fraîcheur, à Rillieux-la-Pape, le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard a voulu désamorcer le début de polémique autour de l'implantation d'un cimetière métropolitain à Charly. (Photo : Hadrien Jame)

Depuis la fin de l’été, Bruno Bernard et sa majorité métropolitaine sont englués dans une fronde des maires et de leurs opposants qui en viennent régulièrement à se coaliser. Déçus de la part communale du plan de mandat de la métropole, 46 maires de l’agglomération signent en septembre une tribune demandant à Bruno Bernard de revoir sa copie. Dans les faits, les légitimités des maires et de la métropole se télescopent, chacun s’estimant en droit d’agir sur le même territoire. L’opposition enfonce depuis le coin et dénonce à chaque séance plénière l’autoritarisme du président de la métropole de Lyon. Dernier épisode en date : la création du super Sytral.

Des PPI records à la Ville et à la Métropole

Les écologistes avaient promis de faire vite et fort. Ils ont tenu parole. En janvier, la Métropole de Lyon adopte son plan de mandat (PPI : programmation pluriannuelle d’investissement). Il prévoit 3,6 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2026. À la Ville de Lyon, l’enveloppe devrait atteindre 1,2 milliard d’euros à la fin du mandat. Grégory Doucet déploie notamment un grand plan de rénovation et de constructions d’école. Point commun entre ces deux collectivités : le recours à l’endettement. Profitant d’un encours de la dette favorable, Bruno Bernard et Grégory Doucet ont décidé d’activer ce levier pour accompagner la transition environnementale de leur territoire.

La droite lyonnaise se paie Blanc

Après ses propos jugés révisionnistes, Étienne Blanc a été débarqué de la présidence du groupe LR à la Ville de Lyon par ses pairs. Une partie de son groupe lui reprochait aussi sa trop grande proximité avec les thèses d’Éric Zemmour. Le sénateur LR jure qu’il restera fidèle à sa famille politique. En off, des élus putschistes assuraient chercher depuis des mois, un moyen de déboulonner leur président dont ils pointaient l’égoïsme et le manque d’animation. Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, lui a succédé à la présidence du groupe LR. À moins de 30 ans, il devient le nouveau visage d’une droite lyonnaise toujours rongée par ses divisions internes

Une menace Fagor Brandt sur la majorité métropolitaine ?

C’est le dossier qui anime la fin d’année dans le microcosme politique lyonnais. À l’automne, Bruno Bernard qui a la double casquette de président de la métropole et du Sytral, le syndicat qui organise les transports en commun dans l’agglomération, décide de faire des anciennes usines de Fagor Brandt un entrepôt pour stocker et réparer la nouvelle flotte de tramways nécessaires pour accompagner le développement de ce mode de transports. La majorité municipale lyonnaise planchait dans le même temps sur une tout autre destination pour cette friche industrielle : un tiers lieu qui abriterait des activités culturelles et artisanales. “Sur ce dossier Fagor-Brandt, Grégory Doucet s’est fait marcher dessus. Ce projet n’est pas du tout ce que nous avions prévu. Nous avons appris que ce serait un dépôt de tramways en lisant la presse. À la Ville de Lyon, nous avions déjà commencé à travailler sur ce que nous voulions. Bruno Bernard prend moins de pincettes avec Grégory Doucet, qui est écologiste comme lui, qu’avec des maires socialistes comme Cédric Van Styvendael (Villeurbanne) ou Hélène Geoffroy (Vaulx-en-Velin). D’une manière générale, Lyon est moins bien servi dans la PPI de la Métropole”, tempête une adjointe lyonnaise. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, a demandé à Bruno Bernard de revoir sa position. François Bordry, le président de la Biennale, l’un des évènements accueillis sur le site Fagor Brandt, a démissionné en dénonçant “une politique marquée par une absence totale de concertation avec les associations et les institutions chargées de mettre en œuvre l’action culturelle".

Le téléphérique de tous les dangers

Sarselli / Kohlhaas : revivez le grand débat TV du téléphérique de la discorde sur Lyon Capitale

Quel sort l’année 2022 réservera-t-elle au téléphérique qui doit relier Lyon à Sainte-Foy-lès-Lyon ? Ce projet de transport par câble a régulièrement fait l’actualité ces douze derniers mois. Les écologistes veulent expérimenter ce type de transports en commun, mais se heurtent à l’hostilité d’une grande partie des élus du territoire. Les communes de Sainte-Foy-lès-Lyon et de La Mulatière ont même organisé un referendum au résultat édifiant : 94% de la population se positionne contre le projet. Un scrutin local auquel la majorité métropolitaine n’accorde qu’un crédit très relatif. Elle fait de la concertation en cours son juge de paix pour trancher le sort du téléphérique de la discorde.

 

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