Chandeleur : oubliez les crêpes, à Lyon c'est matefaim et bugnes !

Si lorsqu'on évoque la Chandeleur on pense aux crêpes, Lyon peut se distinguer ce jour-là par quelques particularités avec le matefaim et les bugnes.

Fête païenne des Lupercales à l'origine, dédiée au dieu de la fécondité, la Chandeleur a ensuite été récupérée par la chrétienté. Elle est alors devenue la fête correspondant à la présentation de Jésus au temple. À la fin du Ve siècle , le pape Gélase aurait pris pour habitude de faire préparer et distribuer des crêpes au pèlerin à cette occasion. Ainsi serait née la tradition.

Le retour des bugnes

À Lyon, on déguste bien sûr des crêpes, mais quelques petites particularités régionales sont apparues. La Chandeleur marque le début de l'apparition des bugnes dans les boulangeries et sur les tables familiales, jusqu'au début du carême. Sur ce point, c'est aussi le retour de l'éternel débat pour ce mélange de farine, levure et eau, frit dans l’huile : les vraies bugnes lyonnaises sont-elles craquantes ou moelleuses ? Selon les cuisiniers et historiens, c'est la craquante qui est considérée comme la vraie bugne lyonnaise, une tentative de réponse argumentée est à lire ici (cela peut aussi dépendre des souvenirs personnels de chacun).

Matefaim pour mater la faim !

De toutes les spécialités lyonnaises, il y en a une qui a eu tendance à être oubliée : le matefaim. Littéralement fait pour "mater la faim", cette grosse crêpe se retrouvait dans l'Ain, la Loire ou le Jura. Rabelais y faisait déjà référence en 1546 dans son Tiers Livre, comme le rappelle Yves Rouèche dans Histoire(s) de la gastronomie lyonnaise. Une confusion a même été entretenue pendant un temps entre le matefaim et la crêpe, même si le premier est très épais, se mangeait salé en début de repas. Le matefaim était le plus souvent cuisiné durant la Chandeleur. Il s'est fait de plus en plus rare après la Seconde Guerre mondiale, même s'il mériterait de retrouver ses lettres de noblesse (certains le cuisinent désormais avec des pommes.

Le matefaim reste simple à faire : deux œufs, 100 grammes de sucre, un peu de sel, 200 grammes de farine, 200 ml de lait, de la fleur d'oranger selon les goûts. Mélangez le tout, laissez reposer deux à trois heures, puis faites chauffer cette énorme crêpe dix minutes pour chaque face dans une poêle graissée. Dégustez, puis constatez que vous n'avez plus faim pendant tout le reste de la journée !

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2 commentaires
  1. Galapiat - 31 janvier 2020

    dans la pâte à matefaims vous avez oubliez les deux bonnes cuillères à soupe de Rhum ,du vrai à 50°C pas ce succédanné à 40.; dans les bugnes n'oubliez le sucre vanillé.

  2. Timo - 1 février 2020

    Les gauchistes de Lyon pensent qu'a bouffer... détruire les espaces vert nous amener le béton et la surpopulation

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