Comprendre l'équitation : le dressage pour les nuls

Si le dressage est pour vous une discipline mystérieuse, si les critères des notes vous échappent ou même si vous ne comprenez pas ce que fait le cavalier et son cheval font sur la carrière, cet article vous donnera quelques clés pour mieux comprendre et apprécier cette discipline méconnue. Explications en texte et en images.

Ce samedi, les finales de dressage prennent enfin corps à Lyon, avec l’épreuve du Grand Prix. Si on connait bien le saut d’obstacles, le dressage demeure une discipline plus obscure. Et pour cause, si pour le jumping, l’objectif est clair, même pour le néophyte – sauter tous les obstacles le plus rapidement possible-, le dressage reste plus flou. En effet, les cavaliers doivent exécuter des mouvements notés sur 10 par 5 à 7 juges qui établissent une moyenne. Bref, le dressage à des allures de discipline pour initiés. Autant dire que si l’on n’a pas les clés de la discipline, assister à une reprise de dressage s’apparente rapidement à regarder un cheval croiser ses pattes dans un grand bac à sable. Alors pour que chacun puisse profiter pleinement de cette discipline qui vaut le détour, Lyon Capitale livre quelques clés.

Les épreuves

Plusieurs typologies d’épreuves existent. À Lyon, les 17 cavaliers encore en lice s’engagent d’abord dans le Grand Prix. Tous devront exécuter les mêmes mouvements selon une chorégraphie bien précise identique pour chacun ; on dit que le cavalier déroule sa reprise. Chaque mouvement est noté sur 10 avec des coefficients multiplicateurs sur les exercices les plus techniques. Des notes d’ensemble viennent s’ajouter et une moyenne sur 100 est établie, donnant la note finale du cavalier.

La deuxième épreuve est plus accessible et moins austère, il s’agit de la reprise libre en musique. Le cavalier doit de nouveau exécuter un certain nombre de figures mais cette fois-ci dans une chorégraphie libre et sur les musiques de son choix. Des notes artistiques rentrent alors en ligne de compte. On peut facilement comparer la reprise libre en musique à un programme de patinage artistique.

Les allures

Le cheval marche, trotte et galope… jusque-là pas de surprise. Les juges apprécient ces allures selon plusieurs critères dont la décontraction, l’amplitude des foulées, leur régularité…

D’autres allures dites "relevées" sont une des spécificités du dressage :

Le passage est une sorte de trot d’une grande lenteur, relevé, avec un temps de suspension très long. Au passage, les juges sont vigilants à l’équilibre du cheval, la régularité des foulées, la flexion prononcée des articulations et la relaxation du cheval. Voir la vidéo.

Le piaffer s’apparente à un trot sur place, très relevé où le cheval abaisse ses hanches et élève ses genoux très haut dans un mouvement majestueux. Les critères d’appréciation sont sensiblement les mêmes que pour le piaffer. Les juges sont en plus attentifs à ce que le cheval n’avance pas. Voir la vidéo.

Les figures

L’appuyer. Le cheval se déplace vers l’avant et de côté en étant incurvé du côté du déplacement. Le cheval croise donc ses membres en se déplaçant pour réaliser cette figure. L’appuyer peut être exécuté au pas, au trot, au galop, voire même au passage. La qualité du mouvement dépend de la régularité des foulées, de l’amplitude du mouvement lorsque le cheval croise ses membres et de l’énergie du déplacement.

La pirouette. Non, pas de roulade au programme pour la pirouette. Il s’agit d’un mouvement très technique où le cheval conserve le mécanisme du galop. Il décrit un cercle avec ses épaules alors que ses membres postérieurs restent fixes. La pirouette doit être régulière dans sa forme et pas trop grande. Le cheval doit conserver son impulsion, son énergie et son attitude.

Les changements de pied rapprochés. Si la figure n’apparait pas très impressionnante, elle est particulièrement technique. Naturellement, le cheval galope soit à droite soit à gauche : lors d’un changement de pied, il inverse son galop pendant la phase de suspension. Il s’agit donc de rapprocher le plus possible ces changements de pied, toutes les deux foulées, ou bien même à chacune d’elles. C’est le changement de pied au temps.

Les juges sont attentifs à la régularité des foulées, la rectitude du cheval, et évidemment à la complète réalisation technique des changements de pied. Plusieurs fautes peuvent survenir : un cheval qui ne change pas de pied derrière, un cheval qui change à "pieds joints" derrière, un cheval qui se balance fortement d’un pied sur l’autre. Voir la vidéo.

Pour vous aiguiser l’œil et profiter en même temps d’une très belle reprise libre en musique, regardez la vidéo ci-dessous.

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