DEFENESTRATION EN GARDE-A-VUE

Mardi 19 juin, la "police des polices" débarquait rue Marius Berliet, après la mort d'un témoin qui s'apprêtait à être placé en garde à vue dans les locaux de la brigade financière. L'homme, un valentinois de 56 ans, était entendu sur commission rogatoire dans le cadre d'une affaire d'escroquerie. De source judiciaire, l'individu aurait avoué avoir détourné de l'argent sur la vente de cartes d'essence prépayées. Le policier allait lui signifier sa mise en garde à vue quand l'homme poussa la fenêtre à bascule entrebâillée de la pièce et sauta. Il tombait quatre étages plus bas. Mort sur le coup.
Pour Jean-Claude Borelly, du syndicat alliance, "le fonctionnaire a fait son travail comme il devait le faire, comme chacun d'entre nous l'aurait fait".

"La meilleure enquête n'y fera rien"
D'après le journaliste du Progrès qui a "sorti" l'affaire dans les moindres détails, rien ne peut être reproché au policier "très expérimenté et connu pour ses grandes qualités humaines". Pour l'avocat Me Frédéric Doyez, "un drame comme celui-ci devrait pousser le législateur à imposer l'enregistrement vidéo de la garde à vue". "La meilleure enquête de l'IGPN n'y fera rien. Qu'auront-ils comme moyens d'enquête ? Le policier qui faisait la garde à vue ? On imagine bien qu'il ne va pas dire que c'est de sa faute. Une garde à vue est un espace coupé du monde. Filmer l'audition permettrait d'avoir une traçabilité". A l'instar de celles pour les mineurs, filmées depuis 2002.

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