La compagnie des grandes personnes a livré un spectacle de géantes marionnettes pour célébrer la presse indépendante d’Afrique. © Biennale de la danse – M.Cavalca

Démission du président de la Biennale de Lyon : Cédric Van Syvendael se dit "surpris sur la forme"

La démission du président de la Biennale de Lyon, François Bordry, était "prévue" selon Cédric Van Styvendael, vice-président à la Métropole.

Hier, dans un courrier adressé à la presse, le président de la Biennale de Lyon, François Bordry, a annoncé sa démission, le tout avec perte et fracas. Ce samedi 18 décembre, le vice-président de la Métropole de Lyon en charge de la culture, Cédric Van Styvendael, nous livre ses premières impressions sur cette démission étonnante.

Lyon Capitale : comment réagissez-vous à l'annonce de la démission de François Bordry ?

Cédric Van Styvendael : je suis un peu surpris sur le fond et sur la forme. Sur la forme parce que son départ était prévu et annoncé. J'avais échangé avec lui dès le mois de septembre 2020 sur ce sujet, car son mandat arrivait à échéance en 2021. Nous devions désigner un nouveau président pour les Biennales, et avions fait le choix de reporter ce changement une fois que nous aurions décidé de la nouvelle direction. En effet, avec le départ de Dominique Hervieu, il fallait d'abord nous mettre d'accord sur le type de direction que nous souhaitions. Cette semaine, nous avons fait le choix d'aller vers la proposition d'un seul poste pour diriger la Maison de la danse à Lyon et la Biennale. Ensuite, nous aurions annoncé la nomination d'un nouveau président. Ce n'est pas une démission comme si François Bordry quittait le navire. Dans la semaine, nous étions ensemble, nous étions d’accord sur le profil de poste de direction et l’ambition à donner à la Biennale. Cette annonce est une surprise car, même si nous avons eu un échange, il ne m'a pas fait état de tels propos. C'est un coup médiatique.


"Il n'y a pas péril en la demeure", 
Cédric Van Styvendael


Sur le fond, François Bordry reproche à la Métropole un manque de concertation avec les structures culturelles, voire un manque d'ambition. Que répondez-vous ?

Dans les propos qui sont les siens, il y a une forme de grossièreté, de procès d'intention y compris lorsqu'il indique que la Biennale pourrait partir à Paris. Je ne vois pas quels signaux pourraient laisser penser ça. La Métropole a augmenté le budget de la culture de 1,5 million d'euros, nous n'avons pas baissé nos subventions, nous continuons à travailler. Je n'accepte pas les leçons qui nous sont faites. Je trouve même ses propos très parisiens, centralisateurs, comme si les choses ne pouvaient pas se passer en province.

Il vous est reproché la fermeture des usines Fagor-Brandt, qui étaient utilisées depuis 2017 comme lieu culturel. Comprenez-vous ce mécontentement ?

Je comprends que l'on puisse ne pas être satisfait sur Fagor-Brandt. Mais nous l’annonçons plus de deux ans en avance ! Des événements pourront s'y tenir jusqu'à la fin de l'année 2023. Cela laisse le temps de se retourner. Il n'y a pas péril en la demeure. Dire qu'il y a de l'impréparation, ce n'est pas vrai. Les équipes de la Biennale sont allées visiter le technicentre de la Mulatière récemment et elles estiment que cette contre-proposition n'est pas ridicule. Cette démission, mise en scène, n'est pas honnête. En plus, je ne tire pas sur le bilan de François Bordry qui a participé à la nouvelle rentabilité de la Biennale. Il a donné beaucoup de son temps... mais la fin se termine mal.

Quel est l'agenda désormais ?

Nous allons lancer le recrutement pour la direction de la Maison de la danse et de la Biennale en janvier. D'ici là, les affaires courantes seront gérées. Un nouveau président sera désigné en conseil d'administration lorsque les conditions seront réunies, car le lien président - directeur est important. Nous avons déjà pensé à quelqu'un, qui m'a dit qu'il regarderait tout ça avec conscience. En tout cas, il n'y a pas de remise en cause de la feuille de route. Il faut savoir raison garder. 

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