Des bordels publics

La notion de plaisir reste à mon avis assez rare sauf dans le cas de certains travestis. Quelle attitude adopter aujourd'hui ? Pour moi la réponse est évidente. La légalisation est la seule possibilité pour les prostituées. Il n'y a rien de pire que la clandestinité ajoutée à la difficulté de cette profession. Il ne faut pas voir dans le client les maris pervers avides de sexe, mais souvent le désespoir de la solitude avec son lot d'exclus. Je suis un observateur social de par mon métier (cafetier) et j'observe tout au long de la journée les allées et venues de celles qui maintiennent ce lien social assez particulier (vous apercevez des handicapés, des " gueules cassées ", des papis soit veufs soit en mal de câlins, des aveugles, des timides ...) n'oublions jamais que la sexualité est du domaine de l'instinct et non une déviance de notre société. La détresse de la frustration n'est imaginable que si un jour on l'a vécue. Tout tourne dans notre société autour de l'autre via la séduction, l'habit, le corps, le couple, comment échapper parfois à des années d'abstinence dans ces circonstances ? Ceux qui s'en plaignent sont très rarement des célibataires. La peur n'évite pas le danger comme le dicton nous le précise, mesdames occupez vous mieux de vos maris vous limiterez leur fuite sexuelle, ne faites pas fuir ces informateurs précieux sur nos trottoirs, toujours prêts à prévenir les secours ou la police en cas de besoin. Il ne faut pas nier le problème de la drogue qui induit de la prostitution, du deal, de l'abandon total, de la maladie, mais le phénomène ne se réduit pas à ces attitudes. Une solution : rouvrir des maisons closes, avec de l'hygiène, de la sécurité, du statut, du confort et de la dignité. Dans ces " bordels " d'un nouveau genre ils pourraient être publics et abriter aussi une antenne de médecins du monde au lieu d'un véhicule itinérant...

Christophe Cédat

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