HALLOWEEN, FLOP COMMERCIAL

quoi ?" Si le mot ne vous dit plus rien, c'est que citrouilles, vampires et autres araignées gluantes ont déserté les rayons des grandes surfaces et petits magasins cette année. Retour sur un phénomène qui a pris l'eau.

Justine, 22 ans, ne mâche pas ses mots pour parler de cette fête qu'est Halloween. "Je n'aime pas le principe, s'énerve-t-elle, parce que c'est une fête américaine et que je ne comprends pas pourquoi on va piquer des fêtes ailleurs ! En France ça ne signifie strictement rien !" Même constat du côté de Luc, 24 ans. Il souffle à l'évocation de cette fête : "Halloween, je m'en moque. D'ailleurs je ne sais même pas quel jour c'est, ni même ce qu'on y fête." Pourquoi un tel déni envers un phénomène que l'on voyait arriver en force il y a moins de 10 ans et qui n'effraie plus personne aujourd'hui ? Pour Laurent Dominici, chargé de communication chez Auchan Rhône-Alpes-Auvergne, le constat est évident : "Dans les années 2000, c'était parti très fort. Nous vendions des mugs et des assiettes aux couleurs d'Halloween, des bougies en forme de citrouilles et toutes sortes de produits dérivés. Nous mettions des citrouilles en couverture de nos tracts publicitaires qui étaient entièrement consacrés à Halloween." Aujourd'hui, le groupe Auchan ne mise plus sur la fête. "Nous nous sommes recentrés sur les déguisements, le maquillage ou les bonbons, dit-il. Mais dans des volumes moindres." Même observation du côté de "Bal masqué", boutique de vente et de location de déguisements : "Notre clientèle "Halloween", explique Gregory Queste, responsable du magasin, ce sont essentiellement des enfants ou des clubbeurs qui participent à des soirées costumées en boîte. Mais c'est clair que l'on sent la différence par rapport aux années 2000 où Halloween avait cartonné !"
Selon Laurent Dominici du groupe Auchan, le phénomène a été victime de son succès : "Nous avons sauté dessus lorsque la fête d'Halloween a débarqué en France. C'était trop et uniquement commercial." Concept nouveau et séduisant, les gens s'en sont pris de passion aussi vite qu'ils s'en sont désintéressés. "C'était une mode, explique-t-il, et non pas une tradition comme dans les pays anglo-saxons." Toute mode étant éphémère, la citrouille a très vite lassé les Français. Ceux-ci restent cependant fidèles à la sacro-sainte fête de la Toussaint : "En terme de volume, constate Laurent Dominici, la Toussaint est beaucoup plus vendeuse. Notre chiffre d'affaire réalisé avec les chrysanthèmes est largement supérieur à celui qui touche tout ce qui concerne Halloween. La Toussaint est beaucoup plus discrète mais elle concerne tout le monde." La courge a été enterrée par le chrysanthème.

D'où vient Halloween ?
Non, Halloween ce n'est pas juste une soirée au Titan Discothèque où arriver déguisé rime avec entrée gratuite. À l'origine, c'était une fête celte, la vieille fête de Samhain, célébrant l'entrée dans le froid de l'hiver, durant laquelle des esprits maléfiques sortaient de terre et menaçaient des humains. Panoramix et ses autres copains druides ont alors eu la fabuleuse idée d'offrir leur protection à tous ces malheureux villageois tétanisés en échange d'un don. D'où l'expression "treat or trick" - "une offrande ou un sort".

L'Eglise à la chasse aux sorcières
L'Eglise catholique n'a pas vu d'un très bon oeil l'intérêt massif du public pour la fête d'Halloween. Une fête célébrée la veille de
la Toussaint. Retour sur ce clash "Halloween vs Toussaint" avec le Père Etienne Guibert, prêtre du diocèse de Lyon.

Selon vous, Halloween était-elle une menace pour la fête de la Toussaint ?
"Je ne pense pas. Sur le plan médiatique, il ne fait aucun doute que la mode Halloween a tenu le haut de l'affiche pendant quelques années, faisant évidemment de l'ombre à la fête de la Toussaint. Mais jamais les Français ne s'y sont trompés : la question de la mort ne trouve pas sa réponse dans une citrouille ! Jamais le jeu n'a éteint la flamme qui rassemble chaque année les familles pour faire mémoire de leurs défunts et raviver leur espérance dans la vie éternelle. Je ne dirais pas non plus que la fin d'Halloween est une victoire pour l'Eglise. Halloween est mort de sa belle mort ! Il a vécu le temps d'une mode, ce pour quoi il était programmé..."

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