Place Bellecour à Lyon avant 1789 (archives de Lyon 118ph13_4)

Histoire de Lyon : quand la place Bellecour était verte et végétale

Si on la connait aujourd'hui très minérale, la place Bellecour de Lyon n'a pas toujours été comme cela. Durant son histoire, Bellecour a été verte à plusieurs reprises.

Bellecour, c'est aujourd'hui cette place ocre, très minérale, à l'exception de son sud, un peu vert. Mais cet îlots de fraîcheur a été autrefois la norme. À l'origine, au XIIe siècle, on retrouve en cet endroit une vigne de l’archevêque de Lyon. Ce "beau jardin", "belle curtis" en latin, donnera Bellecour. Les lieux sont vendus à un particulier en 1218 et vont être laissés à l'abandon pour finir envahis par un marécage. Dans le plan scénographique de 1550, ce dernier a disparu et la place est désormais représentée avec des arbres.

Plan scénographique de Lyon de 1550.

Des herbes, à la place des tilleuls 

Lors que le baron des Adrets y installe son camp d'artillerie durant les guerres de religion en 1557, c'est le "pré de Bellecour" qui est évoqué. Les lieux sont livrés aux herbes jusqu'en 1600 quand Henri IV décide de les faire faucher. Il demande alors au Consulat, ancêtre du pouvoir municipal, de racheter cet espace de six hectares pour en faire une place publique. La transaction est finalisée en 1604 et 300 tilleuls sont plantés en 1609.

Malgré les nouveaux aménagements, Bellecour se transforme rapidement en marécage lors de la moindre pluie. En 1643, le Consulat décide d'imposer un passage en croix pour permettre de traverser la place sans se mouiller, l'idée va rester. À la fin du XVIIe siècle, la ville veut faire installer une statue équestre de Louis XIV, un projet terminé seulement en 1713.

Première statue équestre de Louis XIV, 15PH1 438, Archives municipales de Lyon

Place Bellecour à Lyon avant 1789 (archives de Lyon 118ph13_4)

Plusieurs aménagements sont réalisés autour de Louis XIV, dont quatre gigantesques fontaines. La place est alors à dominante verte avec ses pelouses à l'ombre des tilleuls. Cette première statue est détruite le 28 aout 1792 sous la révolution. Elle sera remplacée en 1825 par celle que nous connaissons.

Un champ de pierres après la Révolution

Après le siège de Lyon, en 1793, Lyon est déclarée "ville affranchie" pour s'être opposée à la Convention nationale. La destruction des façades de Bellecour est lancée. La place devient un champ pierres et il faudra attendre Napoléon en 1806 pour voir la reconstruction des façades dans le style que nous connaissons aujourd'hui.

Ce sont toujours les mêmes vieux tilleuls qui veillent alors en ces lieux. Durant la révolte des Canuts en 1834, ils vont être en partie détruits par les bombardements, quand ils ne servent pas à monter des barricades. Ils sont remplacés en 1848 par des marronniers.

La place Bellecour en 1965
(Archives municipales de Lyon 4fi12144)

La fin des marronniers

Les travaux pour construire le parking souterrain en 1967 vont une nouvelle fois changer la physionomie de la place pour lui donner l'aspect que l'on connait. Dans les années 2000, ces mêmes marronniers touchés par les maladies ou trop vieux ont été progressivement abattus, remplacés par des tilleuls et merisiers. En attendant qu'ils grandissent, le minéral règne, tandis que le centre ocre est propice aux tempêtes de poussières dès que le vent se lève trop.

Reste que le destin de Bellecour aurait pu être pire. En 1845, certains proposent d'y installer une gare. Un projet refusé catégoriquement lors du conseil municipal du 20 février 1845 au profit de Perrache. Plus de 150 ans plus tard, face à la question du dérèglement climatique et des îlots de chaleur, certains se plaisent à rêver d'une place Bellecour qui redeviendrait verte.

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D’abord journaliste à Jours de France, magazine spécialisé dans l’actualité des familles royales européennes, puis sur Europe 1 où il a narré pendant plusieurs années les destinées des grands de ce monde, Stéphane Bern s’est véritablement fait connaître du grand public le 31 août 1997, sur le plateau du journal télévisé de TF1, pour évoquer la mort de la “superstar” Lady Di. Dès lors, le chroniqueur royal lyonno-luxembourgeois est propulsé sur le devant de la scène. Depuis trois ans, il est au chevet du patrimoine français en péril, après avoi été nommé “Monsieur Patrimoine” par le président de la République. Rencontre avec un “raconteur d’histoires”, “profondément attaché à Lyon”, qui publie son 42e livre Les Records de l’histoire (Albin Michel) et un cahier de vacances spécial Secrets d’Histoire.
5 commentaires
  1. Georges Marchais - 7 février 2020

    Il y a de moins en moins de verdure en ville, vous allez donc attendre longtemps.

  2. Limas69 - 7 février 2020

    C'est si compliqué que ça de planter quelques arbres ??? Elle était sympa en 1965 cette place, non ???

    1. JANUS - 7 février 2020

      Le parking sou sterrain de la place, empcehe la pantation d'

  3. JANUS - 7 février 2020

    Le parking souterrain empêche la plantation d"arbres en pleine terre.

  4. Bernard Girard - 8 février 2020

    Formidable, la première image (celle du titre) :
    Avant 1789, les marchands de biens (les promoteurs immobiliers de ce temps là) mettaient déjà le soleil au nord quand cela pouvait faciliter leurs affaires !

    Question : des gens sont agenouillés vers le clocher de la Charité. Sait-on pourquoi ?

Les commentaires sont fermés

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