Le mystère de l'homme calciné

Incompréhensible.

L'histoire est abracadabrante. Samedi 20 octobre, en début d'après-midi, un gendarme de Champagne-en-Valromey (dans l'Ain) suit, à distance, un utilitaire Citroën sur la départementale 30. Une route sinueuse et en léger dénivelé. L'agent de police se souvient que le matin même, à Béon, village liliputien voisin, Bernard Bois s'était fait voler son C15. Comme à l'accoutumée, le viticulteur avait laissé sa voiture dans la cour de sa ferme, les clés sur le contact.

Le C15 trace sa route, sans attirer l'attention du gendarme plus que ça. Brusquement, de la fumée sort du véhicule. La Citroën zigzague dangereusement. La scène dure quelques secondes, et ce qui devait se produire se produit : la voiture fait une embardée par-dessus bord et débaroule dans le ravin sur plusieurs dizaines de mètres, avant d'être immobilisée par des arbres. Un incendie prend très rapidement, et l'agent de police assiste, incrédule, à ce tableau surréaliste. Quand les pompiers éteignent le brasier, il ne reste de l'homme au volant qu'un corps entièrement calciné et inidentifiable. "Une histoire hallucinante" explique à Lyon Capitale Aurélien Buffart, substitut du procureur de Belley. D'autant qu'après le vol du C15, le conducteur s'est en effet arrêté à l'Auberge du commerce, le bar de Champagne-en-Valromey, pour rendre la pochette qui se trouvait dans le véhicule. "L'homme a donné à un client les papiers du véhicule, la petite monnaie et un billet de 50 euros qui se trouvaient dedans. Il a même écrit un mot, aves son nom, derrière la feuille d'assurances pour s'excuser" explique le fils Bois. Un message du style  : "je n'avais pas le choix ". L'homme reste même une demi-heure à boire des calvas avec ce client. Avant de foncer vers son funeste destin. Incompréhension générale.

Un mois et des tests ADN plus tard, l'enquête aboutit : il s'agit d'un Parisien quadragénaire. Qu'est-il venu faire dans le coin ? Qu'est-ce qui a motivé son geste ? Mystère, même si la thèse d'un suicide est privilégiée. Les enquêteurs apprennent simplement que l'homme était recherché par la police parisienne pour violences contre sa famille, et qu'il avait acheté des bidons d'essence peu de temps avant le drame. " Vous savez, chacun a ses soucis " commente le patron de l'Auberge du commerce. L'affaire a été classée pour absence d'infraction.

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