La Confédération paysanne, syndicat d’agriculteurs, appelle à un blocage du dépôt de Feyzin. Photo : Confédération Paysanne

Lyon : des routiers et des agriculteurs mécontents de la hausse des prix ont été reçus par le préfet : "il nous a méprisé"

Ils sont membres d'un collectif de travailleurs en milieu rural en Rhône-Alpes et se disent en colère contre la hausse du prix du carburant. Des agriculteurs et des routiers ont rencontrés le préfet délégué à la défense et à la sécurité de la région à Lyon ce mercredi 6 avril. Ils estiment ne pas avoir été écoutés.

Ils sont sortis de leur réunion avec Ivan Bouchier, le préfet délégué à la défense et la sécurité de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône, après une petite heure d'entrevue mercredi 6 avril en fin de matinée. Sur le large trottoir qui cercle les bâtiments de la préfecture à Lyon, ce petit groupe de trois personnes tirait la tronche. Manuel Arandel, paysan en Savoie, Mickaël Ogier et Mathilde Naud, transporteurs en Isère, étaient venus pour dire au représentant de l'Etat tout le mal qu'ils pensaient du plan Résilience présenté le 16 mars par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face à la hausse des coûts des matières premières.

"On nous ressort du réchauffé. On nous a parlé du plan Résilience, mais c'est ce plan qui a mis le feu aux poudres. L'Etat nous rend 15 centimes sur le litre de carburant, alors que Total fait 15 milliards de chiffre d'affaires. Nous avons été méprisés par le préfet. On a eu l'impression qu'il a bâclé notre entretien", raconte Mathilde Naud, qui gère l'entreprise de transport local N2M en Isère à Saint-Marcellin.

La préfecture se défend en expliquant avoir fait remonter leurs demandes auprès des ministères concernés et en ayant reçu cette délégation avec "respect". "Notre porte est toujours ouverte", ajoute la préfecture.


"Je suis passé de 3 500 euros à 5 000 euros de carburant par mois. Et ils nous font un chèque de 1 300 euros pour l'année".

Mickaël Ogier, transporteur routier en Isère


Pour les transporteurs routiers, le plan Résilience a acté un chèque de 1300 euros pour faire face à l'envolée des prix des carburants. Une aide qui est largement insuffisante selon les professionnels du secteur. "Je suis passé de 3 500 euros à 5 000 euros de carburant par mois. Et ils nous font un chèque de 1 300 euros pour l'année", râle Mickaël Ogier, de l'entreprise iséroise SOS Transport.

Des transporteurs routiers et agriculteurs de Rhône-Alpes ont rencontré le préfet du Rhône le 6 avril à Lyon au sujet de la hausse des prix des matières premières.

Les agriculteurs sont eux aussi confrontés à la hausse du coût des matières premières, du blé pour nourrir leurs bêtes au gasoil pour faire rouler le tracteur. "Tous les élevages ont vu une explosion des coûts de leurs matières premières pour nourrir le bétail et pour le prix du carburant. Quand on sait qu'il y avait déjà beaucoup de fermes en difficulté avant la crise, ça ne va pas être tenable", déplore Manuel Arandel, membre du syndicat Confédération paysanne.

Ce trio explique être membre d'un collectif fort "de plusieurs milliers de personnes". "On échange sur des groupes de messageries", explique Mathilde Naud. "Notre point commun, c'est qu'on est tous de territoires ruraux. On demande qu'il n'y ait pas une entreprise qui ferme à cause de la hausse du coût du carburant et des matières premières. On veut que le gouvernement mette fin à la spéculation sur le baril de pétrole et débloque de vraies aides", conclut-elle.

À quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, le collectif se dit interprofessionnel mais apolitique.

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