Lyon : la piétonnisation face à la violence de certains conducteurs

Le bilan des expérimentations de piétonnisation à Lyon a mis en évidence certains comportements violents de la part de conducteurs.

"Violence motorisée", le terme n'est pas nouveau, régulièrement constaté et employé par des conducteurs, cyclistes ou piétons, témoins de scènes ou victime de ce comportement dans l'agglomération de Lyon. Passage en force, non-respect du Code de la route, dépassement sans distance de sécurité, menace... cette "violence motorisée" ne fait pas l'objet de statistique, reléguée parfois au rang de ressenti.

Dans le document de synthèse sur l'expérimentation de piétonnisation qui a eu lieu à Lyon fin 2019, ces tensions sont pourtant ressorties clairement. Si les samedis n'ont pas engendré de réactions violentes de la part de certains conducteurs, en semaine, il en a été tout autre. Le mercredi 20 et jeudi 21 novembre, le bilan mentionne ainsi "une augmentation des forçages des points de contrôle".

Cinq agressions

Le jeudi ressort comme la journée la plus compliquée de l'expérimentation puisque c'est celle où le plus de conducteurs ont tenté de passer dans le périmètre alors qu'ils n'avaient pas le droit. Ainsi, le 21 novembre, on comptabilise 2 400 refus aux zones de contrôle, contre 1 495 la veille (et entre 1310 et 1975 pour les samedis). Pire, cinq agressions contre des agents de sécurité nécessitant l'intervention de la police municipale ont été relevées, dont une qui a entraîné un dépôt de plainte.

"Le mercredi et le jeudi ont montré des comportements violents que l'on n’avait pas rencontrés les samedis", confie un agent qui a participé à l'expérimentation. "Pour certains conducteurs, passer était un droit, il n'avait aucun respect pour nous, pour les piétons, nous étions les casse-pieds de service" confie un autre.

Lors de ce même jour d'expérimentation, nous relations le témoignage d'un propriétaire de bar dans le périmètre, "On a vu que ça avait failli en venir aux mains, le ton est monté entre un conducteur et des vigiles qui gardaient l'entrée de la rue. En semaine les gens sont plus excités".

Par ailleurs, si le rapport fait état des agressions les plus graves, des dizaines d'autres, souvent verbales, se sont produites en semaine, les piétons étant parfois visés comme nous le relations à l'époque (lire aussi : L'art de se faire engueuler par les conducteurs). Cette situation a depuis été confirmée par plusieurs agents de sécurité, tandis que les vitesses des conducteurs étaient plus importantes dans la zone, loin de respecter la consigne de rouler au pas. Bilan, les piétons ne sont pas restés au milieu de la route contrairement aux autres jours.

Les samedis plus calmes tendent à plaider pour la mise en place d'une piétonnisation essentiellement les week-ends, mais la question de la violence dans le partage de l'espace public demeurerait sans réponse. Place désormais aux candidats pour les élections métropolitaines de Lyon pour proposer des solutions à cette réalité.

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3 commentaires
  1. psl - 11 janvier 2020

    verbaliser à partir des images vidéo.

  2. Abolition_de_la_monnaie - 11 janvier 2020

    Trop souvent on néglige la psychologie pour comprendre les faits.
    Dans ces cas d'agressions, on a des gens qui sont économiquement compressés par le système monétaire qui leur impose "la performance" (c'est à dire aller toujours plus vite, ne pas perdre son temps car c'est de l'argent, etc).
    Ensuite on a le statut d'automobiliste :
    Ce dernier se sent souvent comme "un dieu" et les publicités sont là pour programmer ça dans leur tête :
    "je maîtrise la route" "je vais où je veux quand je veux car je suis libre" "je respecte la nature avec ma voiture propre".
    Donc en gros, il a payé (bien cher) pour une liberté promise et il se retrouve en réalité dans les bouchons, dans l'impossibilité de se garer facilement là où il veut se rendre (parce que physiquement une voiture prend de la place et que tout le monde veut se garer juste devant là où il se rend, ce qui est physiquement impossible), et dans les interdictions multiples (vitesse, sens interdit, etc).
    Idem pour les livraisons qui ne sont absolument pas organisée rationnellement, les camions pour les derniers km sont la plupart du temps quasi vides, les parkings réservés pour ces livraisons ne sont pas dispo (y'a d'autre livreur + automobilistes mal garés + trop éloigné du lieu de livraison ce qui va faire perdre du temps au livreur donc il va se faire engueuler ou avoir l'impression d'y perdre son temps de vie, etc.)
    .
    Avec une société hors sol, noyée dans l'hypocrisie, il est parfaitement logique d'arriver à ce genre d'événement.
    Et ça continuera malgré la police, malgré la répression.
    Seul moyen de ne plus être soumis à ces problèmes : concevoir une société qui ne soit plus "hors sol".

    1. populiste - 11 janvier 2020

      Au lit Chinal et ensuite au travail après passage chez le coiffeur cela vous changera du clavier glando

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