Bouchon sur le pont de la Mulatière © Tim Douet
Image d’illustration © Tim Douet

Lyon réfléchit au radar sonore pour réduire les nuisances des véhicules en ville

Régulièrement confrontée aux klaxonnes intempestifs de certains automobilistes, aux bruits de pots d’échappement trafiqués ou tout simplement des véhicules roulant trop vite, la Ville de Lyon réfléchit aux moyens de lutter contre les nuisances sonores pour apaiser les rues. Un dispositif de radar sonore testé à Bron intéresse notamment la municipalité. 

Fin mars, la Ville de Lyon a généralisé la vitesse à 30 km/h pour faire baisser l’accidentalité dans ces rues, favoriser le partage de la voirie entre les différents usagers, mais également réduire les nuisances sonores. Un sujet auquel la Ville assure porter une attention particulière, au point de garder un oeil attentif sur l’expérimentation d’un radar sonore en cours sur la commune de Bron. 

Lire aussi : Métropole de Lyon : un radar sonore expérimenté à Bron pour lutter contre les rodéos urbains

Lyon pas retenue pour l'expérimentation

Déployé sur l’avenue Camille-Rousset, au coeur de la commune de l’Est lyonnais, ce dispositif, installé dans le cadre d’une expérimentation nationale menée pendant deux ans à Nice, Paris ou encore Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, vise à lutter contre la pollution sonore. Une phase de test à laquelle la Ville de Lyon aurait souhaité participer, en vain, ce que confirme Mohamed Chihi, l’adjoint à la sécurité, "on avait candidaté, on était partant, mais c’est Bron qui a été retenue", confie l’élu. 

À l’instar d’un radar de vitesse, ce nouveau dispositif flashe dans les deux sens de circulation la plaque des véhicules trop bruyants qui dépassent un certain seuil de décibels, comme nous l’expliquions dans un article sur ce sujet, au mois de février, à retrouver ici. Pour l’heure, ce fameux niveau sonore à ne pas dépasser a été arrêté à 90 décibels, ce qui "est énorme", nous précisait alors Lucille Pinel, la directrice de MicrodB, la société qui développe le radar, "à titre d’exemple, c’est une moto en pleine accélération avec un pot trafiqué". 

Le radar sonore expérimenté à Bron a été installé le lundi 7 février sur l'avenue avenue Camille-Rousset. Il fera l'objet d'une expérimentation pendant environ deux ans. (Photo twitter Vincent Monot, Conseiller Municipal et Métropolitain de Lyon.)

Compléter l'arsenal répressif de la Ville

Comme de nombreuses villes de France et de la Métropole, Lyon est confrontée aux nuisances sonores émanants des véhicules, notamment sur le "bas des pentes de la Croix-Rousse" dans le 1er arrondissement, sur la "Presqu’île de manière générale en fin de semaine" ou encore "grande rue de la Guillotière", dans le 7e arrondissement, où les concerts de klaxonne sont très fréquents, recense Mohamed Chihi. 


"Il y a toutes une série de nuisances auxquelles on apporte une réponse répressive et de prévention. Nous luttons contre les nuisances sonores et c’est aussi à cet objectif que répond la Ville 30. Réduire la vitesse c’est aussi réduire le bruit des véhicules en circulation", Mohamed Chihi Mohamed Chihi, adjoint à la sécurité à la Ville de Lyon


C’est donc tout naturellement que la mairie s’intéresse au dispositif déployé à Bron pour compléter les autres actions qu’elle entreprend notamment pour réprimer les rodéos urbains très bruyants. À savoir, le recours à la "cellule rodéos de la police nationale et les temps de sensibilisations auprès des collégiens" et désormais la ville 30. "Réduire la vitesse c’est réduire aussi le bruit des véhicules en circulation et ça, c’est important", fait ainsi valoir l’adjoint à la sécurité.

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De nombreux défis à relever

L’élu lyonnais ne s’est pas encore rendu à Bron pour observer le radar, mais il assure qu’il prendra le temps d’y aller afin de "pouvoir décortiquer les résultats de cette expérimentation", le dispositif devant en effet surmonter de nombreuses difficultés avant de pouvoir être homologué et généralisé dans les villes de France intéressées. "Le gros problème que l’on a sur la verbalisation du sonore c’est qu’en l’absence d’un être humain il est très difficile de savoir d’où provient le son, de savoir s’il est normal ou pas et de savoir s’il correspond à une intentionnalité ou une absence d’entretien sur un véhicule. On va donc être très très attentif à la manière dont ce dispositif répond, ou non, à l’enjeu", explique Mohamed Chihi. 


"Aujourd’hui on est capable de mesure une intensité sonore mais de verbaliser de manière automatisée c’est un énorme travail", Mohamed Chihi, adjoint à la sécurité à la Ville de Lyon


À ce stade de son expérimentation, le radar sonore de Bron ne distribue pas de contravention et est encore dans une phase pédagogique. Il devra d’abord être homologué, peut-être en fin d’année, avant que les automobilistes qui dépassent le seuil de 90 décibels ne voient surgir dans leur boîte aux lettres un PV de 135 euros d’amende. L’installation de radars sonores dans les rues de Lyon devrait donc attendre encore de nombreux mois, voire quelques années, si l’expérimentation est concluante.  

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