David Kimelfeld président de la métropole de Lyon © Tim Douet

Lyon Rhônexpress : "Collomb va dans le sens de Vinci" pour Kimelfeld

Interview - Lors d'une réunion de la commission générale du Sytral sur la rupture du contrat Rhônexpress, le maire de Lyon, Gérard Collomb a une nouvelle fois plaidé pour une médiation. Le président de la métropole David Kimelfeld, qui souhaite la fin de la concession, a aujourd'hui le sentiment que certains "cherchent à gagner du temps".

Nouvelle réunion de la commission générale du Sytral sur la rupture du contrat Rhônexpress ce vendredi 17 septembre. Une rencontre, en présence des représentants de la navette dont la concession appartient à Vinci, Transdev et la Caisse des dépôts. Fin 2019, le président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld a annoncé vouloir initier la rupture. Le vote sur la question devrait être organisé en février (lire ici). Mais ce vendredi matin, comme fin décembre, le maire de Lyon a une nouvelle fois proposé une médiation (lire ici). Pour David Kimelfeld, il s'agirait d'une façon de gagner du temps pour repousser le vote après les élections. Interview avec le président de la métropole.

Lyon Capitale : Pourquoi une nouvelle commission ? 

David Kimelfeld : Cette commission générale était organisée pour faire la transparence sur cette rupture, pour que tout le monde comprenne bien le dossier. Les bruits qui courraient dernièrement indiquaient qu'une résiliation du contrat Rhônexpress serait une catastrophe. Ce n'est pas le cas, bien au contraire. Avec une indemnisation à 35 millions d’euros, c’est même une bonne opération en termes de finances publiques. On nous dit qu'on risque de dégrader l'outil Rhônexpress, c'est faux, il n'y aura pas de rupture de service non plus. Nous étions en face de gens qui ne souhaitaient pas revoir un modèle économique qui pèse trop en leur faveur. Ils ont le taux de rentabilité interne d'une entreprise qui prendrait un risque alors qu'ils n'en prennent aucun, ce dernier repose sur la collectivité.

Certains indiquent un coût de résiliation autour de 115 millions, intégrant le remboursement du crédit, allez-vous faire porter cette somme sur les épaules du Sytral ?

On ne peut pas tout mélanger, la métropole continuerait de rembourser ce crédit, autour de 80 millions d’euros, ce qu'elle fait déjà. Nous avons tout intégré dans notre projection, cela ne change pas. Quand j’entends que la métropole arrêterait de rembourser, c’est totalement taux, cela ne reposerait pas sur le Sytral.

La possibilité de relancer encore des négociations après huit mois infructueux a été soulevée, que répondez-vous ?

La lumière a été faite sur ce dossier, en face de nous, on a Vinci qui nous dit "encore une minute Monsieur le Bourreau !" Vinci peut revenir une dernière fois en acceptant l'ultime offre que nous avons faite avec le Sytral lors des négociations fin 2019, sans faire de nouvelle proposition. Cela fait six fois qu'ils nous font une dernière proposition, on a le sentiment qu'ils veulent gagner du temps.

Le maire de Lyon Gérard Collomb s'est une nouvelle fois emparé du sujet...

... Gérard Collomb est le seul élu qui prend une position qui va dans le sens de Vinci. Il nous dit qu'on va mettre en péril l'entreprise. C'est comme s'il n'écoutait que les arguments de Vinci alors que les autres conseillers du Sytral écoutent tous les arguments. Les négociations ont été menées par la présidente du Sytral Fouziya Bouzerda, par Gérard Claisse pour la métropole de Lyon, avec le soutien d'avocats, de conseils. Tout a été fait, étayé. Nous avons fait une proposition équilibrée à Vinci. Gérard Collomb, tout seul, pense qu'il est mieux à même de négocier. Tout seul, il ferait mieux que tous ceux qui ont travaillé sur ce sujet pendant plusieurs mois, alors qu'il nous dit qu'on va mettre en péril Vinci.

Il a une nouvelle fois proposé une médiation autour de la concession, qu'en pensez-vous ?

Il propose encore une médiation en expliquant que c'est ce qui s'est passé avec le Musée des Confuence, ce n'est pas comparable, il y avait un désaccord juridique. Si médiation il doit y avoir sur Rhônexpress, elle peut venir en cas de recours de Vinci, après la résiliation.

Je pense que ce que nous vivons avec Rhônexpress est un bon vaccin sur la question de la concession. Gérard Collomb rêve d’en signer une autre pour l’Anneau des Sciences*. Ce qui arrive aujourd'hui devrait pourtant lui servir de leçon.

*autoroute urbaine visant à boucler le périphérique de Lyon à l'ouest

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3 commentaires
  1. Hedika@sfr.fr - 17 janvier 2020

    Courage Mr kimfield !!!
    Mr Collomb mélange politique et son business avec Vinci multinationale qui a battu le record de bénéficier en 2019...

  2. Limas69 - 17 janvier 2020

    A Lyon, il y a déjà eu l'épisode TÉO ... aussi une belle concession ! Si la métropole arrive aussi à résilier Rhône Express, il serait bien de glisser le mode d'emploi au gouvernement pour résilier les concessions des autoroutes, autre scandale !

  3. PAUL Gabriel - 18 janvier 2020

    Certain membres du SYTRAL et élus de la Métropole défendent les intérêts ses habitants et sont pour la résiliation d'autres défendent les intérêts de VINCI et de leurs actionnaires.
    Se sont Kimelfeld et tous ceux qui vont dans ses sens.
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    (Collomb soutient VINCI voir l’article de Capitale du 16 décembre) « Collomb avertit et propose une conciliation, mais surtout un étrange avertissement ».
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    Rappel 17millions d'euros investis par les actionnaires, 85% des 120millions payés par les contribuables et plus de deux millions et demi de résultat en 2018 à repartir entre les actionnaires, le contrat cour jusque en 2038.
    Très bon placements pour les actionnaires !!!!

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