Menaces sur l'industrie du médicament

En cause : le développement des génériques et de nouveaux médicaments qui peinent à être mis sur le marché.

Lyon, place forte de l'industrie pharmaceutique, s'apprête à entrer dans une zone de turbulence. Cité par les Echos*, l'institut IMS a calculé que la plupart des grands laboratoires allait perdre de 40 à 60 % de leur chiffre d'affaire dans les cinq prochaines années. En cause : les brevets des médicaments phares, "les blockbusters", des années 80/90 qui vont tomber dans le domaine public. Du coup, des génériques à bas prix vont progressivement inonder le marché alors que l'innovation est en panne. Pfizer et Novartis, les deux learders mondiaux ont déjà annoncé une réduction de leurs effectifs (de 10 % pour le premier et de 4 % pour le second). Le numéro 3 mondial et leader français, Sanofi Aventis, lointain héritier de Rhône-Poulenc, n'a pas encore arrêté de plan de réduction des coûts. Mais une annonce dans ce sens pourrait intervenir prochainement, surtout que son chiffre d'affaire France est en recul pour la deuxième année consécutive. D'ici là, la direction du groupe continuera à nous tenir son discours rassurant : "Nous résistons mieux que nos concurrents notamment grâce à une gamme plus étendue de médicaments et à la forte croissance de Sanofi Pasteur, notre division vaccin". Certes, Sanofi Pasteur dont le siège mondial est à Lyon, connaît une croissance de 23 % de son chiffre d'affaire (2,5 milliards d'euros en 2006) mais il ne pèse encore que 10 % du CA du groupe. Moralité : bien que le laboratoire réoriente sa recherche principalement dans le sens du développement de vaccins, il faut s'attendre à l'annonce de plans sociaux dans les différentes unités du groupe.
Restructuration à venir
L'usine de Neuville-sur-Saône en est la parfaite illustration. La production d'un antibiotique, le Ketek, a dû être arrêtée pour des questions d'effets secondaires problématiques. Les employés n'ont pas pu être affectés à la fabrication d'autres principes actifs du site, essentiellement des corticoïdes, car Sanofi Aventis est déjà concurrencé sur ce marché par des génériques chinois. Résultat : le 14 janvier prochain, 118 salariés seront "pré-retraités" ou mutés, des suites d'un plan social. Désormais, la pérennité d'une partie des 1000 emplois du site tient à la mise en service d'une unité de fabrication du vaccin contre la dengue. Mais elle n'ouvrira qu'en 2012. Le délégué syndical CGT, André Simonnet, prévient : "En attendant que cette unité soit opérationnelle, il faut s'attendre à un nouveau plan social".

*Les Echos, édition du 14 décembre

La pharmaceutique à Lyon :
Deux sièges sociaux : Merck France et la division vaccin de Sanofi Aventis
Un site de recherche et de production Sanofi Pasteur à Marcy l'Etoile (3 000 employés).
Un site Sanofi Aventis de fabrication et de développement de principes actifs à Neuville-sur-Saône (1 000 employés).

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut