© Tim Douet

Policier roué de coups à Lyon : un suspect demande sa remise en liberté

L'un des sept suspects mis en examen après le tabassage d'un policier, mi-juin, devant son domicile du 7e arrondissement de Lyon, a demandé une remise en liberté. Lyon Capitale a assisté à l'audience publique.

L'affaire du fonctionnaire de police roué de coups, à Lyon, par plusieurs individus, mi-juin, devant son domicile était à nouveau audiencée devant la chambre d'instruction de la cour d'appel. Mardi 1er décembre, en audience publique, les juges devaient étudier la demande de mise en liberté d'un des sept suspects interpellés (après le rejet d'une même demande en juillet dernier). Il s’agit d’un dossier toujours en cours d’instruction, l'enquête se poursuivant sur commission rogatoire d'un juge. D'après les éléments de l'audience, à laquelle Lyon Capitale a assisté, quelques jours après les faits, trois individus avaient été mis en examen et deux avaient été écroués.

Deuxième coup de filet

Récemment, un deuxième coup de filet a permis l'interpellation de plusieurs autres suspects, dont quatre ont été mis en examen et écroués pour violences aggravées. Deux des trois individus arrêtés en juin, juste après les faits, avaient été placés sous mandat de dépôt, le troisième, mineur, ayant été laissé libre. Mardi 1er décembre, la chambre de l’instruction était saisie de l’appel du placement en détention de l'un des suspects qui conteste avoir commis des violences. Dans sa plaidoirie, Me Laurent Bohé, avocat du policier et de sa compagne, a rappelé que dans cette affaire “un témoin a indiqué que les auteurs des violences avaient clairement dit qu'ils voulaient “bouler du flic”. Bien que tous les suspects affirment qu'ils ignoraient la profession de leur victime, un autre témoin a affirmé avoir entendu le policier s'être fait traiter de “sale flic”. Enfin, la victime est persuadée que les violences qu’il a subies étaient exclusivement en lien avec sa qualité de policier.”

Lynché par onze personnes, "une intention quasi criminelle”

On apprend que le policier a été exfiltré dans une résidence protégée, ne pouvant rester à son domicile du 7e arrondissement, proche de celui de certains des suspects.

"Une remise en liberté serait, pour les victimes, inacceptable, poursuit Me Bohé. Je rappelle que ce policier s'est fait lyncher par onze personnes. Son ITT est de 45 jours et il ne pourra certainement pas reprendre son activité avant au moins 18 mois, preuve s'il en est de la violence inouïe des faits. On peut d’ailleurs s'interroger sur la qualification délictuelle de tels faits sur une personne dépositaire de l'autorité publique compte tenu de l’extrême violence des coups portés par plus de 10 personne sur un homme à terre. L'intention est quasiment celle d'un homicide, donc criminelle, tant on est vraiment passé près du drame absolu".

Le ministère public a demandé à ce que le placement en détention soit “confirmé”, une remise en liberté étant "inenvisageable au regard des faits”, rappelant que dans cette affaire “on est véritablement passé à côté du drame".

Le délibéré de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon est attendu vendredi 4 décembre.

Faire défiler vers le haut