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Politique de la ville : les quartiers ciblés du Grand Lyon

Le ministère de la Ville a établi la carte des 1 300 quartiers défavorisés qui seront destinataires de crédits. Certaines communes sortent des dispositifs, telles Écully ou Caluire. Parmi ces 1 300 cibles, 200 feront l’objet de renouvellement urbain. Elles seront choisies par la ministre Najat Vallaud-Belkacem en septembre.

Fini les 2 493 quartiers en contrat urbain de cohésion sociale (CUCS), les 751 placés en zone urbaine sensible, les 416 en zone de renouvellement urbain et 100 en zone franche urbaine ? Le ministère de la Ville a remis à plat la carte de France des quartiers défavorisés, en retenant pour seul critère le revenu de ses habitants.

Un seuil a été défini : 11 250 euros par an et par unité de consommation*, ce qui correspond à 60 % du revenu médian national. Un quartier a été ainsi sélectionné si plus de la moitié de la population résidente se situait en deçà de ce plafond.

Exit Caluire, Écully, Feyzin, Grigny...

1 300 secteurs sont ainsi apparus sur la nouvelle carte, appartenant à 700 communes. Certains nouveaux venus sont issus de zones rurales paupérisées, ce qui ne va pas sans modifier la perception de la politique de la ville. C'est cette carte unique qui servira de repère aux actions du ministère de Najat Vallaud-Belkacem, qui promet "un choc de simplification". "Des marges de manœuvre sont toutefois laissées aux acteurs locaux pour définir, autour des poches de pauvreté, les périmètres exacts des quartiers" retenus, précise le dossier de presse.

Dans l'agglomération lyonnaise, 9 communes sortent de la carte : Caluire-et-Cuire, Écully, Feyzin, Fontaines-sur-Saône, Grigny, Irigny, La Mulatière, Mions, Vernaison. Les autres sont maintenues : Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Rillieux-la-Pape, Lyon, Givors, Neuville-sur-Saône, Oullins, Saint-Fons, Saint-Priest, Bron, Décines-Charpieu, Vénissieux, Saint-Genis-Laval, Meyzieu et Pierre-Bénite. Dans le Rhône, Belleville constitue le seul nouveau territoire identifié.

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Quid des zones franches ?

D'ici à la fin de l'année, les préfets vont veiller à la conclusion de contrats de ville, conclus à l'échelle des agglomérations. Ces contrats feront de l'emploi des jeunes une priorité. Parmi les autres axes retenus, "la sortie de la pauvreté des mères isolées" et une attention au quotidien des habitants grâce à des avantages fiscaux consentis aux bailleurs sociaux. Pour ce faire, le ministère ne pourra compter sur aucune rallonge budgétaire, mobilisant ses seuls crédits actuels : 500 millions d'euros par an. Le Gouvernement s'engage toutefois à ce que ces quartiers soient prioritaires pour la création d'Emplois Avenir, de contrats aidés et de postes dans les écoles primaires.

Une inconnue demeure sur le sort des zones franches, qui octroyaient aux entreprises des exonérations de charges patronales et d'impôt sur les sociétés. Les avantages financiers pourraient disparaître au 1er janvier prochain**, ou être concentrés sur les PME et les commerces implantés dans ces zones défavorisées.

Plusieurs opérations ANRU dans le Grand Lyon

Najat Rillieux ()

© Rashida Gouz

Les 1 300 cibles de la carte ne seront cependant pas logées à la même enseigne : la ministre va retenir en septembre 200 quartiers éligibles ANRU, pour le renouvellement urbain. Ce sont les grands programmes de rénovation, à l'instar de la reconfiguration de la Duchère accomplie ces dernières années.

5 milliards sont consacrés à ces opérations pour la période 2014-2024, ce qui constitue un net recul par rapport aux 12 milliards mobilisés par Jean-Louis Borloo, en 2003, pour la séquence 2004-2015. "Sur les 12 milliards prévus, il reste encore 5 milliards à trouver pour achever le programme", nous dit-on au ministère. Parmi ces 200 quartiers, plusieurs devraient être situés dans l'agglomération lyonnaise, où le cabinet a diagnostiqué "des besoins importants".

* L’unité de consommation s’établit à 1 pour une personne seule, 1,8 pour un couple, 2,4 pour un couple avec un enfant, etc.
** Une perte compensée par la mise en œuvre du pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses de charges patronales au voisinage du Smic.
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