Renaud Payre

Présidentielle à Lyon : pour Renaud Payre, "il ne faut pas minorer le score de LFI"

Renaud Payre, vice-président de la métropole en charge du logement, revient sur le 1er tour de l'élection présidentielle pour Lyon Capitale. Le politologue analyse le score de LFI et aborde le second tour qui se déroulera le 24 avril prochain. Entretien. 

LYON CAPITALE. Le premier tour de l'élection présidentielle a vu s'imposer Emmanuel Macron (LREM) avec 27,8 %, juste devant Marine Le Pen avec un score de 23,1 %. En troisième position, Jean-Luc Mélenchon (LFI) colle la candidate RN et enregistre un score record de 22%. Le PS d'Hidalgo a été stoppé net avec un triste 1,8 %. Quelles leçons peut-on tirer de ces résultats ? 

RENAUD PAYRE. Je constate que les partis traditionnels sont à bout de souffle. Il faut aussi prendre conscience de ce qu'à fait le parti de Jean-Luc Mélenchon. Je trouve vraiment réducteur de le cantonner uniquement au vote utile, ça serait minorer l'ampleur de ce vote. Le fait inédit est sa capacité à mobiliser les quartiers populaires. Par ailleurs, cela veut dire que les quartiers populaires se mettent à voter quand les candidats leur parlent plus. 

Jean-Luc Mélenchon a tout raflé à gauche. Est-ce que les Insoumis incarnent la principale force à gauche désormais ? Et doit-on en conclure que Mélenchon est un meneur en puissance à gauche ? 

J'ai toujours du mal à raisonner sous forme de leadership. Je crois que les Françaises et les Français ne sont pas idiots et qu'il faut simplement leur proposer un projet qui tient la route. Moi je crois fermement en l'union de la gauche et de l'écologie. Mais ça ne se fera pas sans véritable projet mobilisateur. Il y a énormément de choses qui nous rassemblent : le logement, les mobilités, le pouvoir d'achat et la revalorisation du travail dans la production des richesses. C'est sur cette base qu'il faut s'appuyer. Je pense que les Insoumis avaient les cartes en mains, plus que d'autres. En l'occurrence, ils l'avaient de manière imparfaite, car on ne peut que déplorer l'impossibilité de faire l'union avant le premier tour. Et ça nous coûte la place au second. L'idée de tendre la main n'a pas été assez portée. 

À l'annonce des résultats vous aviez appelé à voter Macron pour le second tour. Les Insoumis, eux, appellent juste à faire barrage à Le Pen sans donner de consigne précise. Est-ce suffisant selon vous ? Plus largement, que faut-il désormais attendre de LFI pour la gauche ?   

RENAUD PAYRE. J'attends d'eux qu'ils aient une position très ferme. Pas une voix pour Marine Le Pen suppose qu'il faudrait voter Macron pour faire barrage à Le Pen. Personnellement, je ne connais pas d'autre bulletin que celui du président sortant. Je ne partage pas ses orientations concrètes en matière de politique publique mais c'est la seule solution pour faire barrage à l'extrême droite.v Je fais toutefois le constat que le Logement a reculé pendant son mandat, il n'y a rien de rassurant dans les deux lignes qu'il consacre à cette thématique dans son programme. Il a méprisé les classes populaires en plus de monter les Français les uns contre les autres. Je fais la différence entre la défense de notre démocratie et les personnes qui sont dans la haine absolue de l'autre, comme c'est le cas avec notre président sortant. 

Mais j'attends autre chose, que l'on puisse travailler ensemble en bonne intelligence. C'est eux qui doivent engager la discussion puisqu'ils sont arrivés en tête. Ce que je vois, c'est qu'on arrive à gouverner ensemble au sein de nos collectivités. Qui peut remettre en cause le RSJ, la réglementation Airbnb, l'encadrement des loyers, la lutte contre le logement indigne, ou l'insertion ? Tout ça on arrive à le faire en majorité dans laquelle se trouve les Insoumis. Aujourd'hui la balle est dans leur camp.

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