Provoquer le mal pour le soigner

La syncope, cette perte de connaissance soudaine et rapide est souvent associée à une chute de la tension artérielle et un affaiblissement, voire une disparition momentanée du pouls. Fréquente, elle touche au moins une fois dans leur vie, 15 à 25 % de la population de toutes les tranches d'âge. Mais si le malaise peut s'avérer bénin, pour d'autres la syncope survient à répétition, conduit à une hospitalisation et la chute n'est pas sans casse, surtout pour les sujets les plus âgés.... "Le problème c'est que les causes de la syncope peuvent être multiples. Or dans 40 % des cas, les malades ont beau subir une batterie d'examens et pratiquer le nomadisme médical, l'origine de la syncope reste inexpliquée. Si on n'a pas de diagnostic précis, on ne peut délivrer un traitement", explique le Docteur Flammang. Pour mieux prendre en charge ses patients, il a donc créé à l'hôpital de la Croix-Rousse, le premier centre français entièrement dédié à la syncope.

Le patient incliné à 60 °
Dans ce centre, des examens pointus et performants sont proposés dont le Tilt test. Cette méthode particulière consiste à déclencher une syncope pour mieux en déterminer la cause. Placé sous monitoring, le patient est sanglé sur une table pour ne pas tomber puis incliné à 60°. Ce test permet d'explorer le système nerveux autonome stimulé par la "saignée interne" réalisée par le passage brutal de la position allongée à la position inclinée. "On peut observer en temps réel ce qui se passe et le plus souvent on a le diagnostic sur un plateau", souligne le Dr Flammang. Une fois le diagnostic posé, une réponse médicale peut donc être proposée : un traitement contre les chutes de tension, l'implantation d'un pacemaker dans le cas de troubles cardiaques sévères... Outre le bénéfice pour le patient, la création de ce centre spécialisé devrait aussi permettre de réduire considérablement les coûts hospitaliers liés au nomadisme médical de certains patients. A Newcastle, au Royaume Uni où il existe une structure similaire, plus de 6 000 journées d'hospitalisation par an ont été économisées.

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