La centrale nucléaire du Bugey dans l’Ain, près de Lyon. ©FCaterini-3
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Région de Lyon : le nucléaire, l’énergie décarbonée de demain ?

Lyon est au carrefour de 14 réacteurs nucléaires présents en Auvergne-Rhône-Alpes, un record mondial. En réaction, les élus écologistes de la Métropole de Lyon plaident pour une limitation de la production d’énergie nucléaire. Enquête sur les avantages et les inconvénients de cette énergie qui fait débat.


Région la plus nucléarisée du monde. C’est le titre que détient Auvergne-Rhône-Alpes, forte de ses 14 réacteurs nucléaires. Au centre de ces hauts lieux atomiques, la ville de Lyon, qui doit assumer de vivre avec les risques liés aux radiations. Une position que rejette la majorité écologiste de la capitale des Gaules. Déjà en janvier, ses élus avaient signé une tribune en faveur de la fermeture de la centrale du Bugey dans l’Ain. Située à 30 km de Lyon, les écologistes dénoncent les risques sismiques et d’inondation “en cas de rupture du barrage de Vouglans dans le Jura”. Depuis avril dernier, le maire de Lyon, Grégory Doucet, appelle à un débat sur la poursuite de la politique nucléaire de la France.







Depuis avril dernier, le maire de Lyon, Grégory Doucet, appelle à un débat sur la poursuite de la politique nucléaire de la France.







Une position de plus en plus dure à tenir quand on sait que le nucléaire n’émet que très peu de CO2, principale cause du réchauffement climatique. Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a autorisé cette année le maintien de l’activité des centrales au-delà des 40 ans, une sortie du nucléaire ne semble plus envisageable. Les experts du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) préconisent dans la plupart de leurs scénarios d’avoir davantage recours à cette énergie. Dans ce contexte, quels sont les arguments des parties prenantes ?




Lyon Capitale



Le nucléaire émet autant de CO2 que l’éolien


Contre intuitif ? C’est pourtant la conclusion du GIEC. Le groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat explique que les émissions de CO2 pour produire un kWh d’électricité nucléaire avoisinent les 12 g de CO2. Un niveau comparable à celui de l’énergie éolienne à 12,7 g, quand l’énergie photovoltaïque en émet quatre fois plus et le pétrole cinquante-huit fois plus. Cédric Lewandowski, directeur exécutif du groupe EDF chargé du parc nucléaire français, souligne : “Il n’y aura pas de victoire dans la lutte contre le réchauffement climatique sans nucléaire.








Il n’y aura pas de victoire dans la lutte contre le réchauffement climatique sans nucléaire.







C’est un faux débat”, nuance Charlotte Mijeon de l’association Sortir du nucléaire, basée à Lyon. Elle explique : “C’est trop se fixer sur une seule dimension alors qu’on peut produire plus rapidement et pour moins cher. La réduction des émissions de CO2 ne passera que par une réduction de nos consommations d’énergie générale.” L’association antinucléaire dénonce aussi la pollution liée à l’extraction dans les mines d’uranium qui serait nocive pour les sols.

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