Michèle Rivasi
© Tim Douet

Tampons : la Commission européenne "complice des industriels"

Après un documentaire diffusé sur France 5 sur le danger des tampons hygiéniques, l’eurodéputée de la Drôme Michèle Rivasi a critiqué la Commission européenne. Pour elle "les consommatrices devraient boycotter ces produits jusqu’à obtenir un étiquetage".

Un documentaire diffusé sur France 5 ce mardi soir a mis en lumière les cas de syndrome du choc toxique (SCT) provoqué par les tampons hygiéniques. Aujourd’hui les fabricants de tampons n’ont pas l’obligation de donner la composition de ces tampons. Michèle Rivasi, l'eurodéputée de la Drôme a critiqué le rôle de la commission européenne vis-à-vis des industriels. "Sous couvert d’élaborer une réglementation draconienne, la Commission se contente d’un code de bonne conduite élaboré par les fabricants eux-mêmes ! Complice des industriels, et dans la logique de [son président Jean-Claude] Juncker, selon laquelle il faut arrêter de réglementer, elle ferme les yeux sur l’impact sur la santé des consommateurs", confie-t-elle au journal Le Monde. Selon elle, "l’agence européenne des produits chimiques ne fait pas son travail" en ne menant pas d'étude précise.

Le 29 février 2016, Michèle Rivasi avait déjà posé la question à la Commission sur la transparence et l’étiquetage sur la composition des produits hygiéniques. Pour seule réponse, elle aurait reçu un message indiquant que La Commission "a pris note de la communication des autorités françaises du 4 mars 2016 indiquant que des études récentes n’ont révélé aucun risque pour les utilisatrices et confirme qu’elle n’envisage actuellement pas de mesures réglementaires au sujet des tampons". Une réponse évidemment insatisfaisante pour l'eurodéputée qui ne voit aujourd'hui que deux issus possibles pour changer la loi : "soit la Commission oblige les gros industriels comme Procter & Gamble ou Johnson & Johnson à révéler leurs composants, soit les tampons changent de catégorie. Ils pourraient être classés non plus dans les produits de consommation classique, mais dans les dispositifs médicaux, comme les pansements ou les gazes." Un changement de catégorie qui contraindrait les industriels à indiquer la composition des tampons puisqu'une récente réglementation "interdit tout composant cancérigène, mutagène ou reprotoxique", dans les dispositifs médicaux.

"Les perturbateurs endocriniens sont autorisés dans la limite de 0,1 %, si aucun produit de substitution n’est disponible. Mais pour le moment, la Commission refuse de classer les tampons dans les dispositifs médicaux sous prétexte que les règles sont un phénomène physiologique normal, sans maladie à la clé. Les consommatrices devraient boycotter ces produits jusqu’à obtenir un étiquetage", conclut Michèle Rivasi.

Faire défiler vers le haut