LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

On le savait nazi, chef de la Gestapo et "Boucher de Lyon", tortionnaire de Jean Moulin, condamné en 1987 à la prison à vie pour crimes contre l'humanité. On l'imaginait moins à la solde des services secrets américains ou comme homme de l'ombre de la répression bolivienne. Kevin Macdonald, avec le Dernier roi d'Ecosse, s'attaquait à Amin Dada dans une fiction plutôt réussie. Avec Mon meilleur ennemi, il revient à ces premières amours pour nous livrer une œuvre pas forcément très singulière. Un documentaire des plus classiques avec voix-off dialectique - celle d'André Dussolier-, images d'archives, témoignages poignants et propos d'experts. Rien que du déjà vu sur France 5 ou Arte aux heures ouvrables. Mais formule tout de même redoutablement efficace quand elle sert l'histoire contemporaine de l'après-guerre. Une histoire qui demeure salement d'actualité. Ici, au-delà du bourreau Barbie, c'est la politique américaine qui est montrée du doigt. Une politique qui repose sur un adage : la fin justifie les moyens. La CIA aurait alors utilisé d'anciens nazis pour déstabiliser des régimes en Amérique Latine ou nuire au bloc communiste. Le même gouvernement étatsunien qui arma des Talibans en Afghanistan ou soutint Saddam Hussein en Irak dans sa guerre contre l'Iran. Politique pas franchement heureuse sur le long terme avec le dénouement que l'on connaît. Comme quoi, on récolte souvent ce que l'on sème et l'on ne peut, au final, qu'adhérer à la démonstration, nette et sans bavure, proposée par le réalisateur.

Mais aussi

Darling, de Christine Carrière
Non, Darling n'est pas une nouvelle comédie avec Marina Foïs. La comédienne s'illustre ici dans un drame tiré du roman de Jean Teulé qui nous conte l'histoire d'une femme d'aujourd'hui, lancée dans le broyeur de la vie et qui donne l'impression de toujours choisir la mauvaise direction. Mais elle ne se voit pas comme une victime. Elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours, son histoire, témoignent d'une rage de vivre envers et contre tout.

Tête d'or, de Gilles Blanchard
Non, Tête d'or n'est pas un documentaire animalier et bucolique qui prendrait place dans le parc bien connu de notre métropole. Le film se déroule plutôt entre barreaux et matons, dans le milieu carcéral. Là encore, pas grand-chose à voir avec Prison Break, ici ce sont de vrais prisonniers que le réalisateur met à scène pour interpréter la pièce éponyme de Paul Claudel.
Dans la vallée d'Elah, de Paul Haggis
Que sait-on vraiment de la réalité ! ?, de William Arntz, Betsy Chasse, Mark Vicente
Christian, de Elisabeth Löchen
La Commune (Paris 1871), de Peter Watkins
Largo, d'Yves Legrain Crist

à lire également
Septième art, le cinéma reste un "petit jeune" lorsqu'on le compare à la peinture, le théâtre ou la sculpture. Le 13 février 1895, il y a 125 ans, les frères Lumière déposent le brevet du cinéma, mais l'ont-il inventé ? Remise à plat.

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