La sélection de Lyon Capitale

Vous avez aimé Billy Elliot ou The Full Monty ? Alors ne ratez pas ce très réussi Irina Palm qui offre à une Marianne Faithfull, très surprenante, son premier rôle en tête d'affiche...

Irina Palm ***
De Sam Garbarski
Avec Marianne Faithfull
Grande-Bretagne. 1h31

L'histoire : Maggie, veuve, discrète, la cinquantaine bien tassée, cherche désespérément un job pour payer l'opération de son petit-fils mourant. Elle échoue au Sexy World, un bar glauque de Soho où elle devient "hôtesse"...

Il faut savoir qu'avant d'incarner Irina Palm, une grand-mère élévée - en deux temps, trois mouvements - "meilleure branleuse de Soho", Marianne Faithfull a astiqué les plus beaux manches (de guitare...) du rock'n'roll. Faithfull "ange blond à supernénés", égérie des Rolling Stones, a émergé du swingin'London au milieu des années 60 pour devenir l'une des voix emblématiques du rock. Souvent entraperçue au cinéma, il aura néanmoins fallu attendre ce film pour la retrouver en tête d'affiche. Et l'on regrette que personne ne l'ait fait auparavant. Car Faithfull, devenue depuis dame respectable, excelle, tout en nuances dans le rôle d'une femme-grand-mère assez complexe. Avec cette sempiternelle toile de fond grise des banlieues anglaises, Irina Palm rappelle aussi, que depuis The Full Monty, côté social rien n'a vraiment changé. Mais comme souvent dans les tragi-comédies british, la précarité est traitée sans misérabilisme, ni pathos et ici, elle est même contrebalancée par des scènes de travaux manuels légères et amusantes. A cela s'ajoute une belle histoire d'amour entre Maggie et son employeur - le très cinématographique Miki Manojlovic - et il n'en fallait pas plus pour qu'on se laisse séduire par la douceur réaliste de ce joli film.

Zoom Express

Je suis l'autre *
(de Margarethe Von Trotta, Allemagne, 1h44)
Présenté en avant première, à l'Institut Lumière, en novembre dernier pendant la semaine du Nouveau Cinéma Allemand, Je suis l'autre avait reçu le Lumière d'or du meilleur film. Il faut dire que Von Trotta met en scène ce polar esthétisant non sans talent. Mais la belle apparence du film, ponctuée de motifs à la De Palma, voire de quelques clins d'oeils à Lynch, n'arrive pas à sauver son faux rythme. Sans tomber dans les travers d'un Derrick, on regrette les rebondissements pas toujours convaincants et leurs relents de naphtaline.

Les autres sorties :
Lucky you (de Curtis Hanson) - La Faille (de Gregory Hoblit) - Je t'aime... moi non plus (de Maria de Medeiros) - La voix des morts : la lumière ( de Patrick Lussier) - Hitcher ( de Dave Meyers) - Gradiva (de Alain Robbe-Grillet) - The Marine (de John Bonito) - La liste de Carla (de Marcel Schüpbach) - Chabada (de Philippe Crnogorac) - El manara (de Belkacem Hadjadj) - Dinosaure 3d (de Marc Fafard)

Toujours à l'affiche. La sélection Lyon Capitale

Still Life ****
Petit chef d'œuvre chinois, lion d'or à la Mostra de Venise, Still Life est un grand film réaliste, puissant et politique qui donne à voir le vrai visage de la Chine.

Clerks II ***
Comment faire d'une comédie subversive et potache, une réflexion pas si drôle sur les non-sens de la génération X. Hilarant mais beaucoup plus fin qu'il n'y paraît.

A Casa Nostra ***
Une chronique milanaise sur l'argent, la corruption et le malheur populaire. Avec ce film franchement couillu - dont on aimerait voir l'équivalent français - la fille du grand Luigi Comencini se paye le luxe de dénoncer le système Berlusconien qui a perverti l'Italie moderne.

We feed the world ***
Un documentaire juste et accablant sur le système qui lie les grands groupes alimentaires et les Etats dans la responsabilité du gaspillage écologique et humain.

Anna M. ***
Un thriller psychologique malsain et dérangeant, mené de main de maître par Isabelle Carré dans le rôle d'une érotomane totalement barrée.

Ne touchez pas à la hache ***
Adaptation de La duchesse de Langeais de Balzac, le dernier Rivette offre à Guillaume Depardieu et Jeanne Balibar un écrin d'or et de spiritualité pour exprimer leurs talents de comédiens. Etourdissant.

Les témoins ***
Les années sida vues par Téchiné : un drame solaire et pudique sur l'amour menacé d'une génération plombée. Splendide.

J'veux pas que tu t'en ailles **
Une énième comédie romantique sur le couple qui ne révolutionne pas le genre, mais qui reste trop bien interprétée pour être snobée. Mention spéciale à la belle Judith Godrèche, blonde parmi les blondes...

Nocturnes **
Les souvenirs d'un gamin à la fin des années 50 filmés en noir et blanc et en neuf séquences. Un film nourri de grande Histoire (la guerre d'Algérie) mais tellement esthétique qu'il oublie l'émotion et la cohérence du récit.

Pur week end *
C'est Les Randonneurs en moins bien. Reste une brochette d'acteurs pas désagréable mais desservie par un scénario franchement bateau.

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Septième art, le cinéma reste un "petit jeune" lorsqu'on le compare à la peinture, le théâtre ou la sculpture. Le 13 février 1895, il y a 125 ans, les frères Lumière déposent le brevet du cinéma, mais l'ont-il inventé ? Remise à plat.
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