Thirteen tongues – Cloud Gate Dance Theatre © DR
Thirteen tongues – Cloud Gate Dance Theatre © DR

Cloud Gate Dance Theatre : l’émotion venue d’Asie à la Maison de la danse

Grande compagnie chinoise originaire de Taiwan, le Cloud Gate Dance Theatre revient à Lyon pour nous transporter dans une danse légère et hypnotique.

Le Cloud Gate Dance Theatre est une compagnie chinoise que l’on aime et que l’on a vue plusieurs fois sur le plateau de la Maison de la danse. Après quelques années d’absence, elle revient à Lyon avec 13 Tongues, une pièce du chorégraphe Cheng Tsung-lung qui succédera en 2020 au créateur de la troupe, Lin Hwai-min. La particularité du travail que celui-ci a développé depuis le début vient du mélange d’une esthétique évoquant les légendes et les danses traditionnelles du pays et qui puise dans diverses pratiques. Formés au classique et au contemporain, les danseurs pratiquent tous la méditation, le qi gong et les arts martiaux. Ils maîtrisent à la perfection une gestuelle douce et fluide évoluant au cœur de scénographies souvent faites de paysages asiatiques et portées par une narration poétique.

Une légende

Cette nouvelle création s’inspire d’un personnage légendaire de Taipei appelé Thirteen Tongues (Treize Langues). C’était un artiste de rue, un raconteur connu dans les années 1960 pour sa capacité à se glisser dans les rôles les plus variés : hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, racontant des histoires du passé et du présent. Le chorégraphe a grandi avec les récits de ses exploits et fait revivre sur scène Bangka, le quartier bouillonnant dont il était issu.

Vieilles chansons et musique électronique

Thirteen tongues – Cloud Gate Dance Theatre © DR
Thirteen tongues – Cloud Gate Dance Theatre © DR

Même s’il reste dans la lignée de Lin Hwai-min, on perçoit une autre approche de la danse, devenue plus abstraite, plus moderne, dosant la qualité des mouvements et leurs rapports à l’espace pour nous amener à mieux percevoir leurs apparitions et transformations. Composée de tableaux variant les rythmes, l’écriture s’appuie sur de vieilles chansons locales, les rites taoïstes et une musique électronique. Le spectacle commence avec les danseurs et danseuses vêtus de longues robes noires fluides, constituant une foule emmenée dans des divagations tandis que les corps relâchés se remplissent d’une énergie guidée par des esprits qui semblent incontrôlables. Les corps s’ouvrent, se ferment, les bras se jettent pour relancer les corps autour, ils sont mus par l’ondulation des torses dessinant des rebonds, des tourbillons, entre soli et danses de groupe.

Hypnotisés

Sans doute beaucoup de choses nous échappent-elles de cette culture inconnue, mais la danse demeure hypnotisante, qui nous propose un univers à part avec des scènes d’une grande beauté. Comme celle où, évoluant sur ce qui ressemble au fond sombre d’une mer profonde, les danseurs nagent dans l’espace avec des mouvements à la fois brusques et souples. Ou cette autre où, revêtus de costumes de couleur fluorescents, ils émergent à la fois réels et irréels, emportés par les rythmes de percussions diffusant des taches de vie lumineuses qui s’affranchissent des limites de la scène.

Cloud Gate Dance Theatre / 13 Tongues – Du 28 au 31 janvier à la Maison de la danse

–> Bord de scène : rencontre avec la compagnie à l’issue du spectacle mercredi 29


[Article extrait du cahier Culture de Lyon Capitale n° 795 – Janvier 2020]

à lire également
L’Homme à la tête de chou – Chorégraphie Jean-Claude Gallotta © Guy Delahaye
Pour célébrer les dix ans de la disparition de Bashung, Jean-Claude Gallotta recrée L’Homme à tête de chou, une pièce qui unit sa danse à la voix de Bashung et aux chansons de Gainsbourg.
Faire défiler vers le haut