3 boys, Harlem New York 1955, Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon © William Klein

Exposition à la Galerie Le Réverbère : William Klein, artiste libre 

Pas d’interdits, pas de règles, pas de limites… C’est sur ces engagements que William Klein a construit son œuvre. La galerie Le Réverbère nous donne rendez-vous avec l’un des plus grands photographes du XXe siècle.

Poursuivant la célébration de ses quarante ans, la galerie Le Réverbère propose une superbe exposition consacrée à William Klein qui révèle des œuvres dont la modernité explose à nos yeux alors qu’elles ont été conçues entre 1954 et 1962.  Intitulée William Klein + L’Atelier, elle est constituée de 94 photos en noir et blanc et tirage argentique dont beaucoup d’inédits et huit contacts peints. Elles ont été choisies dans son atelier avec Pierre-Louis Denis, son tireur depuis 30 ans, et son assistante Tiffanie Pascal.


Artiste engagé et sans complaisance


On (re)découvre un artiste (94 ans en avril dernier) – peintre, designer, photographe, réalisateur – qui a fait voler en éclats les cloisons entre les disciplines artistiques, utilisant ses images pour dénoncer la guerre, l’impérialisme américain, creuser la vie des gens qui construisent l’histoire d’un territoire, magnifiant l’architecture des villes…

Street Happening, Kazuo Ohno, Hijikata, Miyazawa Tokyo 1961. Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon © William Klein

Klein est un artiste engagé, sans complaisance, curieux, soucieux avant tout de ses sujets, il aime la jeunesse, la rue, son énergie, le contact avec l’humain. Il a révolutionné la photo en la libérant de ses codes académiques, en interagissant avec le sujet pour provoquer des situations (à l’inverse d’un Cartier-Bresson qui attend le moment décisif, il est auteur de la photo), par son sens du recadrage et sa relation forte avec son sujet, par une technique fougueuse faite de mouvements et de contrastes violents, une prise de risque constante, sa recherche extrême de l’impact, et surtout par le grain inégalé de ses photos, l’intensité de son travail autour du noir.


Un parcours autour de thématiques : le best of, New York, Moscou, la mode


L’exposition démarre par un best of d’images emblématiques comme cette magnifique photo réalisée dans les rues de Tokyo avec des danseurs de butohō et le maître Kazuo Ohno. Suivent deux séries sur New York, une pleine de tendresse, dédiée aux enfants pauvres avec lesquels il joue, les faisant manipuler à certains moments un gun.

Une autre qui démontre la puissance de son travail architectural, son sens du cadre, l’exploration des lignes et des lumières, avec notamment un inédit réalisé en dessous du métro. On découvre la ville imprégnée de l’humain, traversée par la vie et le corps des femmes.

Klein nous offre le visage de l’une d’entre elles, à la fenêtre d’une voiture, dont l’expression semble captée par une caméra. Il nous plonge dans ces images comme si elles étaient en mouvement, comme si nous étions dans un film.

La série sur Moscou va à l’encontre de l’idée qu’il se faisait de la Russie : “Tous les Russes ne ressemblent pas à Brejnev ou à Andropov”, disait-il. Dans une espèce de mélancolie un peu désespérée, il documente, montre des foules, des rassemblements, les gens comme ils sont.

Entrée des Spartakiades, Moscou, 1959. Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon © William Klein

L’artiste n’aimait pas la mode et pourtant il a filmé de grands défilés, se servant de ce travail pour tester beaucoup de choses : les flashes, la couleur, les décors fabriqués, la mise en scène qui lui ont permis d’esquisser ses premiers pas vers le cinéma.

Il met les mannequins dans la rue pour la première fois, des femmes qui fument, photographie les coulisses avec un open flash qui donne à ses photos cette impression d’étrangeté. L’exposition nous fait découvrir également huit contacts peints.

Alaïa + Marpessa,
Paris 1986
Courtesy Galerie
Le Réverbère, Lyon © William Klein

Chacun représente le choix qu’il a fait en entourant une photo choisie sur la planche contact qui est pour lui le journal du photographe avec les ratages, les essais, les différents cadrages, les hésitations. Il nous montre celle qui précède et celle qui suit et il arrive parfois qu’elles soient plus intéressantes que la photo finale…


William Klein + L’Atelier – Jusqu’au 23 juillet – Galerie Le Réverbère


 

 

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