Navette Nuit royaume
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Jean-Luc Navette, une expo très encrée à Villeurbanne

Figure emblématique du tatouage à Lyon, Jean-Luc Navette expose jusqu’au 25 avril à la Mlis dessins, objets et compagnons empaillés à poil et à plumes, dignes d’un cabinet de curiosités.

Jean-Luc Navette – La nuit est mon royaume © DR

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Jean-Luc Navette – La nuit est mon royaume.

Jean-Luc Navette est un des rares artistes dont on peut réellement porter la signature et dire “J’ai un Navette sur le bras”. Il tient en effet boutique dans le quartier Saint-Jean, sous le pseudonyme de Viva Dolor, annonçant déjà la couleur : le noir. Dont il a recouvert les murs de l’artothèque de la Mlis, à Villeurbanne.

Devenir cadavre

Il est peu dire que l’univers de Navette est sombre. “La Nuit est mon royaume”, déclare un personnage ésotérique qui sonne comme une épitaphe. La mort, ou sa menace (incendie, naufrage, supplice), est d’ailleurs omniprésente, l’exposition commençant par un cortège mortuaire bien énigmatique, et les personnages, s’ils n’ont pas encore trépassé, se délitent sévèrement, façon zombies, dans un devenir cadavre imminent.

Jean-Luc Navette – Cœur & Tiens bon © DR (montage LC)

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Jean-Luc Navette – Cœur & Tiens bon (montage LC)

Des femmes et des freaks

Navette dépasse les motifs tendance du tatouage de ces dernières années (moustaches, clés, moineaux...) pour atteindre à une certaine intemporalité, même s’il puise largement son inspiration dans le début du XXe siècle, avec ces visages féminins silencieux de cartes postales (“Remember me”, “J’attendrai ton retour”) ou du cinéma muet (on pense inévitablement à Murnau), ces gueules cassées, ces freaks de fête foraine version cauchemar ou encore ces bluesmen américains.

Le dessin de Jean-Luc Navette est extrêmement ténu et, en dépit des motifs plutôt durs qu’il montre, semble au bord de l’effacement, composé de petites poussières noires agglomérées que l’on pourrait faire s’évanouir aussi vite que les spores d’un pissenlit. Belle et sombre métaphore de la vie.

Sauver mes yeux des larmes – Jusqu’au 25 avril, à la Maison du livre, de l’image et du son de Villeurbanne.
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