L'alchimie des genres

Réalisé, édité, distribué par l'association Neweden, le 7e numéro de la revue Mercure Liquide retrouve les rayons des libraires. Qui aurait pu imaginer, il y a dix ans, qu'un fanzine au format A4 photocopié, serait à l'origine d'une revue, magnifique livre-objet, servant à promouvoir des artistes (écrivains, photographes, illustrateurs) d'ici et d'ailleurs ? Rencontre avec Marion Blangenois, directrice de publication.

Ceux qui ont un glandé en cours de physique-chimie auront du mal à appréhender le nom de votre revue...
Le mercure liquide a une propriété physique assez particulière. Il se présente parfois sous la forme de petites billes qui, quand on les pose dans une assiette par exemple, ont tendance à se rassembler, à former une entité plus grande.

Comprends pas...
Tu as vu Terminator 2 ? Et ben le méchant, le T-1000, il est fait à partir de mercure !

Ah ouais ! ?
Le mercure a aussi beaucoup été utilisé comme pigment dans l'art. Les premiers bains de développement photo étaient à base de mercure. Dans la mythologie, Mercure, c'est le messager. En alchimie c'est l'élément de la transformation... Tout cela nous parlait bien.

Comment pourrait-on résumer votre démarche ?
C'est une revue qui travaille sur la diversité artistique, avec la volonté de briser les cases un peu étanches dans lesquelles on a tendance à mettre la création aujourd'hui. Nous n'avons pas de ligne esthétique, si ce n'est notre subjectivité. On travaille vraiment au coup de cœur. On ne propose que des œuvres, pas d'article, pas d'analyse autour des travaux présentés.

On part du principe que n'importe qui, avec son vécu, son bagage culturel, peut trouver une porte d'entrée sans mode d'emploi.

On est plus dans la sensibilité, le ressenti que dans le concept.

Parvenez-vous à autofinancer la revue ?
Nous avons eu des subventions de la région et du Centre National du Livre. Mais cela ne suffit pas à couvrir nos frais. Peu importe d'ailleurs ! Une revue a pour vocation de se diffuser, de se vendre. Nous on essaie vraiment d'aller au contact du public. Les soirées de lancement, par exemple, sont conçues comme un temps de rencontre. Cela permet également de diffuser tout ce qu'on ne peut pas imprimer sur du papier, comme la vidéo et le spectacle vivant.

Mercure Liquide nème7. Disponible en librairies. www.mercureliquide.com

à lire également
Fête du livre de Bron 2018, hippodrome de Parilly © Paul Bourdrel
En inscrivant sa programmation dans la thématique “Une soif d’idéal”, la Fête du livre de Bron a trouvé une fois encore un terreau propice à la réflexion et à la lecture, multipliant notamment, outre les grands auteurs, les approches audacieuses de la lecture publique.

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut