Les ailes froissées d'Olivier Angèle

Leur album Faux Semblant les classe au top de la New Wave. Depuis Oliver Angèle mène une carrière solo très personnelle. Théâtre cinéma, musique. Après dix-sept ans d'absence il retourne dans les bacs avec un nouveau CD : Insomnies.

Insomnies

Un album qui va bien aux nuits qui traînent et aux petits matins qui finissent quand même par se glisser sous la porte. Il y a des histoires qui flottent encore au dessus des cendriers et qui ne veulent pas refroidir. Des histoires d'amour en filigrane, comme une longue lettre discontinue qui court d'un titre à l'autre. Angèle est là, la tête pleine de voyages au coeur de Paris, de musique arabe, de désert de gazelle, de thé à la menthe. Des rencontres qui se trouvent et qui se perdent. Sa voix, avec toujours cette étrange musicalité. Et quelque chose en plus. Les ailes froissées du temps. La marque qui lui donne de la gravité et là un peu plus d'incertitude. Etonnant : " Désir, j'connais que toi !". Très enlevé, très surprenant avec la voix de Michel Onfray comme invité surprise. " Etrange fruits ", une reprise de Billy Holliday, terrible et douce comme une Ballade des Pendus d'aujourd'hui. " Le Jour se lève ", une sorte de gospel païen, de prière barbare. Un album impossible à classer dans les bacs. Mais taillé pour les concerts. Et toujours aussi personnel.

Insomnies,Olivier Angèle (socadisc/comotion music)

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Interview

Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'époque d'Angel-Maimone ?

Dans les années 80, je pense qu'il y avait moins d'a priori, moins de cynisme. Il y avait plus de fric et plus de liberté. Aujourd'hui,on se fout de ce que tu fais, la seule chose qui intéresse c'est : tu es connu ou pas connu ? Moi je suis quelqu'un de politiquement incorrect dans la variété. Je suis un fou de liberté. Il y a trop d'artistes qui se limitent. Plus ça délire dans la politique et plus les gens ferment leur gueule.

Un nouveau disque pour quoi faire ?

Je sais qu'il est complètement décalé. J'en fais un tous les quinze ans. Celui-ci me trottait dans la tête depuis quatre ans. J'avais accumulé des dizaines de trucs, des maquettes. J'ai fait un premier tri d'une quarantaine, ça partait dans tous les sens. Puis de quinze. Cet album esrt une carte de visite. Le but c'est de faire de la scène, parce que c'est là que je me sens le mieux. Le luxe pour moi c'est de me balader en chantant. J'ai peu de musiciens, ça devrait être possible. J'ai fait un shox-case à Paris les 5 et 6 septembre pour des tourneurs.

C'est un disque de nomade ?

Je suis complètement expatrié à Paris. Mais à Lyon je n'étais pas bien non plus. Au moins ici c'est l'anonymat complet, c'est moins maquilé, moins propret. Tu te prends des trucs en direct dans la gueule, comme cette histoire de sans-abris qu'on chasse au fly-tox. A Lyon, c'est toujours un peu plus guindé. J'habite dans le XIXè, vers les Buttes Chaumont, un quartier populaire pas trop cher, c'est le pré-Montreuil.

Tu pourrais revenir à Lyon ?

Pourquoi ? Appartenir à une ville ce serait débile, c'est comme appartenir à une famille. A Lyon, j'aurais perdu mon indépendance. J'aime mieux rester comme un ours. Je n'étais pas intéressé à fréquenter les gens qu'il fallait. Toutes ces courbettes, c'est chiant. Dès qu'on met le doigt dans le politico-médiatique... le népotisme de province ! Moi je suis caractériel au niveau des médias. Si tu fais des choses très personnelles, il ne faut pas se laisser bouffer. Mais quand j'y retourne je suis toujours un peu ému. J'ai fait le conservatoire, le cours d'art dramatique de Jeanine Berdin, j'ai travaillé avec Guillemette Grobon, deux saisons avec Madame Stavisky. Aujourd'hui dans les institutions culturelles, il n'y a plus que des vieux.

Toujours besoin de bouger ?

Je voyage moins qu'avant. Le Maroc, le Maghreb, j'en ai marre, c'est devenu un tel bordel d'américanisation, de Mac Donald, camping-car et papy-booom. J'ai vendu ma maison d'Essaouira. Aujourd'hui je me prépare à jouer dans une comédie musicale antillaise où il n'y a que deux rôles de blancs. J'aimerais connaître aussi la Chine, le Japon.

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