Lyon BD : la nouvelle Angoulême à la conquête du monde

Plus de 200 auteurs, 10 délégations internationales, 5 lieux, du spectacle vivant, une vingtaine de rencontres... Le tout sur seulement deux jours. Cette année encore, le Lyon BD festival nous ferait presque regretter de ne pas être un super-héros possédant le don d’ubiquité.

Lyon BD joue un jeu dangereux. À trop vouloir mettre la barre haut pour cette 9e édition, on se demande ce que les organisateurs réservent pour leur 10e anniversaire l’an prochain. En attendant, le festival continue d’attirer de plus en plus de monde, et le public comme les professionnels du milieu restent convaincus par le travail du directeur Mathieu Diez et de ses équipes. Ainsi, en 2013, 30 000 visiteurs ont participé au festival. Le chiffre devrait être à la hausse encore cette année tant cette édition s’annonce excellente.

Quand le festival s’ouvre aux comics

Il aura fallu attendre neuf ans pour voir enfin Lyon BD rendre un hommage digne de ce nom au 9e art américain. Un juste retour des choses puisque les comics ont été popularisés en France après la Seconde Guerre mondiale par les éditions lyonnaises Lug. Dans ce contexte, l’accueil est royal et les auteurs seront regroupés à l’hôtel de ville, à quelques mètres du bureau de Gérard Collomb. L’excellent Eduardo Risso (100 Bullets, Batman) ou les légendes Bill Reinhold et Linda Lessmann (The Punisher, Spider-Man, mais surtout quarante ans de carrière) dédicaceront gratuitement quelques ouvrages. Les autres dédicaces seront payantes.

Retour au musée

Parallèlement à ce retour aux sources, grâce au festival, la BD continue de prendre du galon dans le paysage culturel lyonnais. Après avoir accueilli les Bidochon en 2013, le musée des Beaux-Arts est une nouvelle fois colonisé par les spécialistes du 9e art. Entre les murs du palais Saint-Pierre, dix auteurs vont livrer leur interprétation de l’histoire du statère de Vercingétorix, une pièce de monnaie de l’Antiquité. De son côté, le CHRD abritera l’exposition “C’est le débarquement !” (du 12 juin au 4 janvier 2015). Le musée Gadagne sera placé sous le signe de “Guignol et la guerre” (12 juin au 21 septembre). Enfin, le musée Gallo-Romain de Saint-Romain-en-Gal consacre une partie de ses locaux à “Cassio, la BD exposée”. Excellente initiative, les 14 et 15 juin, les visiteurs de l’ensemble des musées concernés pourront entrer gratuitement au festival Lyon BD (et inversement).

Une vocation internationale dans l’ADN du festival

Au final, même si le festival parvient à s’étendre sur un mois, le cœur de l’événement reste le week-end des 14 et 15 juin. Le programme est plus que chargé, avec le Comic’Gone à l’hôtel de ville, des conférences à la Fnac Bellecour et au palais du commerce, un pôle spectacle vivant au Comédie-Odéon et les auteurs en dédicace au palais du Commerce :les frères Jouvray (Lincoln, La Revue dessinée), Guy Delisle (Chroniques de Jérusalem), Craig Thompson (Habibi), Yoann (Spirou)... Le palais du commerce accueillera également l'exposition Héro(ïne)s. Sous la direction du scénariste JC Deveney, des artistes ont imaginé un monde où les héros de BD les plus connus comme Asterix ou Tintin sont en fait des femmes (lire ici).

Le festival renforcera également sa vocation internationale.Des liens profonds ont été noués lors des précédentes éditions avec le Canada et l’Argentine, permettant à de nombreux auteurs des deux pays de revenir à Lyon en 2014. Une dizaine de délégations seront également présentes cette année, avec des auteurs et professionnels de Pologne, de Chine, du Portugal... Petit festival de fans à sa création, Lyon BD œuvre désormais au rayonnement de la ville.Pour son 10e anniversaire, il pourrait bien faire de l’ombre à Angoulême.

Lyon BD – Samedi 14 et dimanche 15 juin.

Tous les détails du programme sur www.lyonbd.com

Retrouvez notre sélection de nos auteurs favoris dans le Lyon Capitale numéro 734 (juin 2014)

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