Lyon : les filles de la BD en première ligne

Le festival d’Angoulême vient d’ouvrir bien malgré lui le débat sur la parité dans le monde de la BD. Une bonne occasion pour découvrir les nombreuses auteures et illustratrices lyonnaises.

À Lyon, le débat avait déjà été éveillé par l'exposition itinérante “Hero(ïne)s”. Les illustrations réalisées transforment les protagonistes masculins en leur équivalent féminin (Tintine, Lucky Lucy et autre Coco Maltese). Le tout est accompagné de textes issus d'une étude de l'ENS. “Par le biais des personnages imaginaires, on souhaitait parler des femmes et des auteurs femmes dans le monde de la bande dessinée, explique Jean-Christophe Denevey, organisateur de l'exposition. C'était une manière douce, pas trop agressive, pas trop militante, pour parler d'un vrai problème.” Mais ce sont encore les principale concernées qui en parlent le mieux.

Cigish ()

Florence Dupré la Tour

Je pense qu'il y a une responsabilité des médias dans la représentation de la femme dans le monde de la bande dessinée, explique l'auteure lyonnaise née à Buenos Aires. On voit que dans les grands médias ce sont les grands noms masculins qui sont mis en avant.” Décrite par ses pairs comme “originale” et “engagée”, Florence Dupré la Tour explique de son côté mettre de la distance dans ses œuvres entre ses opinions et le contenu artistique.

À 37 ans, elle a sorti en avril 2015 Cigish – Le Maître du Je, une BD qui raconte l'histoire d'une certaine Florence, auteure de bande dessinée, qui décide d'incarner son personnage de jeu de rôle pour régler ses problèmes de la vie.

Aurélie Neyret

Illustratrice de la bande dessinée jeunesse Les Carnets de Cerise, Aurélie Neyret décrit un problème complexe et un cercle vicieux : “C'est un peu le serpent qui se mord la queue. On ne représente pas les femmes de la BD parce qu'il y en a peu, mais vu qu'elles ne sont pas représentées, on ne les récompense pas... et du coup on ne les voit pas.

Dans Les Carnets de Cerise, on suit les aventures d'une jeune fille qui veut devenir romancière. Un moyen d'inspirer les plus jeunes. “Il n'y a pas longtemps, une petite fille nous a envoyé ses dessins où elle fait la suite de l'aventure. Mais on a aussi des garçons, car l'héroïne n'est pas stéréotypée... avec des poneys ou des cupcakes.

Ludivine Stock

Ludivine Stock a été étudiante puis professeure à l'école Emile-Cohl à Lyon, une expérience qui lui a permis de constater que “les filles se sont emparées de secteurs dans lesquels elles n'étaient pas invitées historiquement. Il y en avait beaucoup en illustration jeunesse, maintenant elles vont en bande dessinée”.

Quant à elle, que ce soit avec Les Rues de Lyon ou dans Les Mystères de Lyon, on lui connaît un univers se réclamant local et historique. Mais l'artiste contraste : “J'aime l'histoire quand elle permet de raconter les émotions de personnages. C'est un support.

Les mystères de Lyon ()

Marie Avril

“Le problème de la minorité de la femme dans la BD c'est la faute de personne, selon l'illustratrice lyonnaise Marie Avril, mais la liste des nommés d'Angoulême avec que des hommes c'était gros ! On est présent, c'est international, alors on peut en trouver, des femmes !

Son premier album, sorti en juin 2015, Confidence à Allah est tiré du livre éponyme de Saphia Azzeddine. L'histoire d'une bergère marocaine exclue de son village, qui rencontre misère, prison mais aussi prostitution. “Dans les BD, j'aime faire des histoires réalistes de femmes qui sont là où on ne les attend pas, qui prennent leur destin en main”, confie Marie Avril, qui a notamment fait la couverture de la BD Les Mystères de Lyon, publiée par Lyon Capitale.

Et toutes les autres...

Bien sûr il ne s'agit pas d'une liste exhaustive et il y a bien d'autres auteures et illustratrices qui méritent une mention. On peut notamment citer Chloé Cruchaudet (Mauvais genre), Anne-Claire Jouvray (Projet Bermuda, Lincoln), Anouk Ricard (Anna et Froga), Oriane Lassus (Ça va derrière ?, Immobilier Pointure), Isabelle Maroger (Ma mère et moi, Larguée), Coralie Nagel (Les Mystères de Lyon, Histoires de Lyon) ou encore Anaïs Depommier (Sartre).

1 commentaire
  1. grandlyonnaise - dim 10 Jan 16 à 0 h 43

    Bravo les filles ! Quelle subtilité, celle qui fait le sel du quotidien, sans doute inaccessible aux mecs !

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