© Molina

Concert classique : l'Ensemble Correspondances, une success story à la lyonnaise

En une dizaine d’années, le toujours jeune ensemble Correspondances s’est fait une place de tout premier ordre dans le milieu de la musique baroque. Au programme de la saison de l’Auditorium, la bande à Sébastien Daucé nous gratifie d’un Te Deum de Charpentier en grande pompe.

Tout commence entre amis. Une petite conjuration de musiciens et chanteurs, encore élèves au CNSMD de Lyon, se rassemble autour du claveciniste et chef de chœur Sébastien Daucé, lui-même en cours d’études. L’heure est à l’insouciance, au partage : jouer de la musique entre gens qui s’apprécient humainement…

L’enthousiasme est au rendez-vous mais déjà l’accent est mis sur l’artistique avec une minutie et une ferveur qui forcent le respect. Le chef, Sébastien Daucé, délimite méticuleusement un champ d’action au sein du vaste répertoire baroque : le XVIIe siècle français, se plaçant comme sous la protection du compositeur Marc-Antoine Charpentier qui deviendra bientôt une sorte d’ange gardien pour la petite bande.

Dès les premiers concerts, en 2009, puis les premiers enregistrements à partir de 2010, le public est unanime et les distinctions s’enchaînent. C’est qu’en matière de choix – aussi bien concernant l’instrumentarium composé de violes de gambe, flûtes douces, théorbes que dans la combinaison des timbres de voix –  tout force le respect. Élégance, poésie, justesse d’exécution : Correspondances s’impose rapidement, s’attirant le soutien d’institutions comme le festival d’Ambronay ou la fondation Royaumont et multipliant les tournées à l’étranger.

En 2013, c’est la consécration avec la signature sur le label Harmonia Mundi et une avalanche de récompenses pour ses Litanies de la Vierge de Charpentier.

Référence incontestable dans son domaine de prédilection, le XVIIe siècle français, l’ensemble élargit patiemment et avec application son répertoire (XVIIe anglais, italien…) mais sans jamais trop s’éloigner et constamment revenir, entre deux escapades, à ses premières amours. Une démarche sage et scrupuleuse à laquelle l’excellence des productions doit beaucoup.

Sonnez trompettes !

À cette invitation de l’Auditorium de Lyon, l’ensemble Correspondances répondra présent affublé de ses couleurs historiques et c’est le “tube” de Marc-Antoine Charpentier, son Te Deum, qui sera à l’honneur. Appartenant à la famille du grand motet à la française, le Te Deum de Charpentier est un ensemble d’airs et de chœurs aux louanges du Seigneur, supporté par un effectif instrumental fourni, avec trompettes et timbales.

En complément de programme, c’est une autre merveille, anglaise cette fois-ci, que nous proposent Sébastien Daucé et ses acolytes. Car l’Ode à sainte Cécile – Hail Bright Cecilia – fait partie, à n’en point douter, des plus grands joyaux du baroque : un déluge d’airs tous plus merveilleux les uns que les autres dans lesquels la pureté mélodique n’a d’égale que la sophistication du contrepoint et l’art de la dissonance maîtrisée. Un délice.


Te Deum – Par l’ensemble Correspondances, le 11 avril à 20 h, à l’Auditorium


 

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