Neil Young, Old Man

A l'image d'une carrière qui alterna volontiers les deux.

Il semble bien que le début de l'été en Rhône-Alpes présente des conditions idéales au refleurissement des pionniers du folk. L'an dernier déjà, la pythie Joan Baez était venue ululer la paix dans le monde au Théâtre Antique de Fourvière. Cette année, en l'espace de quelques jours voilà Bob Dylan à Grenoble, Leonard Cohen à Fourvière et maintenant Neil Young à la Halle Tony Garnier. Mais en ce qui concerne ce dernier, le terme folk est sans doute un peu paresseux. La faute à un album sorti en 1972, Harvest : le genre d'album que tout le monde a dans sa discothèque sans trop savoir pourquoi, comme les best-of bleu et rouge des Beatles. Harvest, plus gros succès commercial de Young, est une collection de ballades folk, dont le single Old Man tourna en boucle sur toutes les radios du monde. Il n'en fallut pas plus pour estampiller Neil Young comme un genre de trouvère à rouflaquettes parlant aux arbres et comptant fleurette, la guitare en bandoulière. Surtout si on avait fait l'erreur de ne pas écouter les paroles, comme celles de Needle & the Damage Done par exemple, l'aiguille ("needle") en question n'étant pas à proprement parler une épine de rose. Troublé par le malentendu engendré par ce succès, Young sortit après Harvest un pur album de rock tendu et carillonnant avec ses complices de Crazy Horse. Puis beaucoup d'autres. Rocker intransigeant, il fut même respecté par les punks et couronné par les grunges (il était l'idole de Kurt Cobain et d'Eddie Veder de Pearl Jam, avec lequel il signa un album). Parfois il alterna folk acoustique et rock rugueux, comme sur Rust Never Sleeps, où il livrait même deux versions, débranchée et branchée, d'un de ses plus célèbres titres, Hey Hey, My My. Mais se consacra aussi au rockabilly (Everybody's Rockin'), au blues (This Note's for You), et même à l'électro (l'étrange Trans) et à la BO de films (Dead Man notamment). Sur sa tournée actuelle, le Canadien se livre, fidèle à lui-même, à des prestations mi-acoustiques, mi-électriques qui devraient ravir toutes ses catégories de fans, qu'elles aient été biberonnées à Harvest ou dépolies au son de ses riffs furieux.

Kevin Muscat

Neil Young. Le mercredi 25 juin à la Halle Tony Garnier. 20 place Charles et Christophe Mérieux, Lyon 7e.
04 72 76 85 85 ou www.halle-tony-garnier.com

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