Pas de pitié pour les anges

Résultat : un mélo brillant et finalement assez décapant.

Angel

De François Ozon
Avec Romola Garai, Sam Neill...
France, Grande-Bretagne. 2h 14

L'histoire : Angleterre début du 20e siècle. Grandeur et décadence d'Angel Everell une jeune auteur à succès qui sombre dans l'engrenage de la célébrité...
Angel aurait pu rejoindre Sissi, Angéliqu et Scarlett au panthéon des romantiques rêveuses et "culcul". Mais il aurait été étonnant que François Ozon ne manipule pas sa naïve héroïne pour lui donner plus de corps que ses illustres prédécesseures. Il fait d'Angel une Dorian Gray pertubée dans une reflexion sur l'artiste qu'il emballe dans les ors d'un château anglais. D'apparence léger, le film reste un Ozon avec toute l'acidité et les sous-entendus cruels ou humoristiques que cela implique, au point que l'on rit plus que l'on ne s'émeut des malheurs d'Angel. Et comme en plus, Ozon nous épargne d'un happy end sirupeux, on cède aux charmes de son mélo rose bonbon qui plaira à tous ceux qui avaient plébiscité 8 femmes. En mélangeant Les feux de l'amour aux vertiges esthétiques d'un Visconti ou d'un Ophüls, Ozon démontre qu'il est à l'aise avec n'importe quel genre et qu'il est capable de bouleverser son univers sans trahir sa patte. Pour qu'Angel ne se transforme pas en superproduction, il a refusé une star américaine (Nicole Kidman) et la dot qui va avec, préférant la belle Romola Garai (Dirty Dancing 2, Scoop) fabuleuse tête à claque éberluée qui soutient le film de bout en bout.

Zoom Express
Comœdia, une renaissance

Documentaire d'Eric Guirado et Agnès Ribou. France - 60 min
Sous une forme un peu scolaire, ce documentaire qui croise images d'archives, témoignages d'historiens et vidéos de chantier se révèle passionnant. Guirado film le Comœdia, fleuron du patrimoine culturel lyonnais en train de renaître et nous plonge dans l'histoire du cinéma et plus généralement dans celle de la ville.

Au cinéma le Comœdia, du 16 au 20 mars.

Les autres sorties

Le Deal (de Jean-Pierre Mocky) - Ma place au soleil (de Eric de Montalier) - Par effraction (de Anthony Minghella) - Ecrire pour exister (de Richard LaGravenese) - Le come back (de Marc Lawrence) - Loggerheads (de Tim Kirkman) - Hyper Tension (de Marc Neveldine et Brian Taylor) - La Cité interdite (de Zhang Yimou) - Wilderness (de Michael J. Bassett) - Dark Horse (de Dagur Kari) - Honor de Cavalleria (de Albert Serra) - Notre pain quotidien (de Nikolaus Geyrhalter) - Au-delà de la haine (de Olivier Meyrou)

La sélection de Lyon Capitale

Les témoins
Les années sida par Téchiné : un drame solaire et pudique sur l'amour menacé d'une génération plombée. Magnifique.

Azul
Une drôle de comédie dramatique sur la jeunesse espagnole qui croise les destins avec une folie toute latine et un pessimisme réjouissant.

Substitute
Un film expérimental qui révèle les sentiments par lesquels passe un athlète sur lequel on ne compte plus. Un moment de vérité pour le plus grand bonheur des fans de foot et des cinéphiles.

Le dernier roi d'Ecosse
Avec ses accents de documentaire et sa réalisation palpitante, on sort de ce film troublé. Oscar du meilleur acteur pour Forest Whitaker en dictateur Amin Dada.

Bug
Le meilleur film de William Friedkin depuis L'Exorciste en 1974. Psychose, manipulation, décors angoissants... Bug accumule tout ce qui fait un bon thriller américain.

La Môme
Eric Dahan retrace la vie morose d'Edith Piaf dans un film qui entête et inquiète et ensorcelle et offre à Marion Cotillard son plus grand rôle.

Lettres d'Iwo Shima
Après Mémoires de nos pères, Eastwood refait la bataille d'Iwo Jima vue du côté des japonais. Un beau film de guerre sans effort apparent. Clint pourrait quand même prendre un peu plus de risques !

Volem rien foutre al païs
Un documentaire drôle et décalé sur le monde de l'emploi

Michou d'Auber
Un mélo classique et bien interprété mais bourré de clichés et de bons sentiments. Allergiques à la guimauve : passez votre chemin.

Contre enquête
Dujardin ne parvient pas à sauver ce polar français dont l'intrigue prévisible et confuse finit par faire bailler.

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Septième art, le cinéma reste un "petit jeune" lorsqu'on le compare à la peinture, le théâtre ou la sculpture. Le 13 février 1895, il y a 125 ans, les frères Lumière déposent le brevet du cinéma, mais l'ont-il inventé ? Remise à plat.

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