Portfolio musée des tissus
© Tim Douet

Portfolio : le musée des Tissus prêt à en découdre

Une ombre plane sur le musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. Celle de la fermeture imminente de ces deux entités, regroupées dans un bâtiment d’époque rue de la Charité. Car, malgré sa fréquentation importante et ses collections de tissus et de textiles distinguées à l’échelle mondiale, la chambre de commerce (CCI), qui possède les murs et cède chaque année une partie du budget de fonctionnement, a annoncé le 19 décembre qu’elle couperait le robinet début mars. Reportage.

La décision n’est pas tombée comme un couperet dans les bureaux de la direction du musée des Tissus. Depuis dix-huit mois déjà, l’institution est en péril, et Emmanuel Imberton, le président de la CCI de Lyon, ne l’a pas caché. En cause, la baisse de 40 % des recettes fiscales de la chambre de commerce, qui se voit dans l’obligation de revoir ses priorités. Et ce sont les “petits musées de Lyon” qui se retrouvent en frontal. Comme celui des Tissus et son voisin des Arts décoratifs, qui se sont retrouvés directement concernés par ces coupes budgétaires. Un comble dans la ville des soyeux.

Mais, si Emmanuel Imberton, qui lui-même en veut directement au ministère de la Culture, se demande haut et fort si le musée des Tissus aurait été “traité de la même façon s’il était à Paris”, on se retrouve, quant à nous, forcé de se questionner au moment où l’on fête le premier anniversaire du musée des Confluences. Celui qui vampirise aujourd’hui une part du budget culturel de la Ville de Lyon commet forcément des dommages collatéraux sur ses confrères : la mairie et la métropole ont en effet passé leur tour devant la situation problématique du musée des Tissus, invoquant le poids du nouveau musée.

Alors, comme souvent, les membres de l’équipage d’un navire qui prend l’eau sont leurs propres sauveteurs. Maximilien Durand, le jeune directeur du musée des Tissus, remue ciel et terre pour protéger ses 2,5 millions d’œuvres. Le Louvre a été contacté, ainsi que d’autres institutions culturelles à l’échelle européenne. Chou blanc. Mais Maximilien Durand ne baisse pas les bras. La privatisation d’une partie des collections, l’appel aux financements privés ou les résidences des œuvres dans des hôtels particuliers sont autant de pistes qui pourraient aboutir. Ou pas. Car, pour beaucoup d’acteurs économiques et politiques, les collections témoins de 4 500 ans d’histoire de la création et de la décoration ne sont pas une priorité. À l’inverse des Lyonnais et des touristes de la ville, qui sont plus de 68 000 à fouler les parquets du musée des Tissus chaque année.

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Adresses des boutiques citées dans le reportage
Escada, 2 rue Childebert, Lyon 2e / Gérard Darel, 12 rue Émile-Zola, Lyon 2e / Nyack, 7 rue Auguste-Comte, Lyon 2e / Popleen, 15 rue d’Algérie, Lyon 1er / Les Poupées, 10 rue Romarin, Lyon 1er / Primark, centre commercial Part-Dieu, Lyon 3e / La Rumeur Blonde, 15 rue Romarin, Lyon 1er.

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Modèle : Margaux (Gladys Model Agency) / Maquillage et coiffure : Magali Guillet / Stylisme : Coralie Mailhol / Reportage et production : Lisa Bron / Photos : Tim Douet.
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