QUAND UN FILM SURCLASSE UN ROMAN

Comédie. Français. 1h40.

L'histoire : Octave, rédacteur publicitaire sans foi ni loi et d'une prétention à rendre Marc-Olivier Fogiel aimable, fait les beaux jours de son agence la Ross & Witchcraft. Mais entre drogues et désillusions sentimentales, il prend conscience de l'ineptie de son existence.

7 ans après sa sortie en librairie et un passage à l'euro négocié en douceur, Alain Goldman, le producteur du film, parvient enfin à faire financer l'adaptation d'un roman qui semblait déjà désuet à sa sortie. Frédéric Beigbeder, écrivain mais également animateur télé, critique ou éditeur après avoir été lui-même publicitaire, proposait une version déjà très courue du monde de la publicité qui manipule, fait et fait faire du fric. Un monde cruel où des collaborateurs s'en foutent plein le nez pour répondre aux exigences de clients à l'esprit étriqué. 99F, sorte de sous roman "à la manière de" Bret Easton Ellis, était pourtant parvenu à séduire un public français alors peu familier de l'auteur américain. Si le thème du film ne surprend, ni ne convainc, le traitement de Jan Kounen lui apporte une dimension tout à fait particulière. Suite de spots publicitaires, le film réveille en nous des souvenirs conditionnés par les médias. Comme si Octave ne pouvait concevoir le monde qu'à travers des publicités ou des œuvres cinématographiques. Mais, pour le réalisateur, "le film n'est pas une critique de la pub et des médias. C'est ce qu'on en fait qui est détestable". Ce qu'il en fait, lui, de son film est tout à fait acceptable. Il se permet même d'y glisser ses propres références. On y retrouve le trash de Doberman, son premier long, ses lubies chamaniques qui avaient déjà troublé l'adaptation de Blueberry, il y a également un peu de ses documentaires D'autres mondes ou Darshan - l'étreinte. Pour le casting Jean Dujardin est égal à lui-même. Il parviendrait presque à rendre sympathique le détestable Octave. Une sorte de rappel pour le public qui peut très rapidement oublier qu'il est venu assister à une comédie, pas forcément très familiale.

à lire également
Septième art, le cinéma reste un "petit jeune" lorsqu'on le compare à la peinture, le théâtre ou la sculpture. Le 13 février 1895, il y a 125 ans, les frères Lumière déposent le brevet du cinéma, mais l'ont-il inventé ? Remise à plat.
Faire défiler vers le haut