Surréaliste Afrique !

Délirant, inventif, mais un peu éprouvant !

Parodie ironique et haute en couleurs du colonialisme (1907), Impressions d'Afrique du très excentrique Raymond Roussel, est un texte infernal, bizarre et foisonnant. Tellement déconcertant qu'il est quasiment impossible à mettre en scène ! Au petit théâtre des Marronniers, la compagnie Locus solus relève le défi avec beaucoup de vivacité et d'invention. Des astuces de scénographie donnent vie à des saynètes irreprésentables (comme cet assassinat à la carabine du blanc d'un œuf mollet !) tandis que le petit décor dérisoire, poétique et désuet compose un étonnant cabinet de curiosités, plein de tiroirs à surprises et de détails surréalistes, clins d'œil savoureux à Marcel Duchamp et au ready-made (inventé par Roussel). L'ensemble est surprenant et réjouissant. Mais la langue de Roussel est un tel bloc, compact et proliférant, que les comédiens - pourtant très bons - trébuchent parfois, au bord de l'asphyxie. Les spectateurs aussi ! Ces Impressions d'Afrique se déversent dans un telle loghorée, surréaliste et délirante, qu'elle peut en devenir étouffante.

> Impressions d'Afrique, d'après Roussel, par la compagnie Locus Solus, jusqu'au 4 mars au théâtre des Marronniers, Lyon 2e. Du mercredi au samedi à 20h30, dimanche 17h. 04 78 37 98 17. www.theatre-des-marronniers.com.

à lire également
Nine De Montal et Vincent Garanger dans “La Musica deuxième” de Marguerite Duras – Mise en scène Philippe Baronnet © Victor Tonelli
Deux jeunes metteurs en scène formés à l’Ensatt se confrontent cette saison à l’écriture théâtrale de Marguerite Duras. Louise Vignaud avec Agatha, présenté au TNP à partir du 4 février, et Philippe Baronnet avec La Musica deuxième programmé à la Renaissance fin mars.
Faire défiler vers le haut