© Jean-Lous Fernandez

Théâtre : Marivaux au TNP de Villeurbanne, un retour réussi pour Alain Françon

Le metteur en scène et ancien directeur du théâtre du 8e de Lyon, Alain Françon, offre un écrin à la mesure de ce petit joyau de la langue française qu’est la pièce de Marivaux, La seconde surprise de l’Amour

Que peut-on offrir de plus à un texte qui donne à goûter à ce point aux délices du marivaudage et aux subtilités la langue française ? La réponse est sur la scène du TNP de Villeurbanne qui propose La Seconde Surprise de l’Amour de Marivaux jusqu’au 19 décembre.

Ce texte paru en 1727 est une variation de La Surprise de l’amour, pièce écrite quelques années plus tôt. Dans cette comédie en trois actes, Marivaux décrit, avec ironie mais aussi avec beaucoup de tendresse, la valse des sentiments entre une veuve inconsolable et un chevalier trahi, qui n’osent déclarer leur amour, par orgueil ou par fidélité aux engagements passées.


Dialogues ciselés et subtiles figures de style


Comme souvent, ce sont les personnages "secondaires" - valet ou suivante, libérés de toute pudeur ou de conventions sociales - qui vont pousser leur maîtres à s’abandonner à leur véritable désir.

© Jean-Lous Fernandez

Dans ces circonvolutions du cœur, nourries par les non-dits, les sous-entendus, la naïveté ou les stratégies amoureuses, Alain Françon, a réussi à restituer avec éclat les dialogues ciselés de la pièce et les subtiles figures de style dont Marivaux est si friand.

Mais même si ce texte ne s’offre pas qu’aux inconditionnels de la langue française, tant le thème est universel, il ne serait pas aussi réjouissant s’il était privé d’une interprétation à sa hauteur.

Le pari est plus que réussi. Les cinq comédiens – notamment Georgia Scalliet et Suzanne De Baecque (la marquise et sa suivante) qui sont flamboyantes - portent le verbe de Marivaux avec une grande finesse de jeu. Ils le transforment en un ballet dont les variations, qui oscillent entre retenue et émotion libératrice, font le bonheur de ce spectacle.

On se dit alors – une fois de plus - que seul l’art vivant est capable de transmettre autant de plaisir. Et le public du TNP ne s’y est pas trompé, en offrant une véritable ovation à cette pièce, que l’on peut encore voir jusqu’au 19 décembre.


La Seconde Surprise de l’amour. Jusqu'au 19 décembre au TNP de Villeurbanne


 

d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut