Eau sauvage Mréjen Fisera
© Simon Gosslin

Théâtre : zoom sur les relations père-fille aux Ateliers

Julien Fisera livre une adaptation théâtrale originale du livre de Valérie Mréjen Eau sauvage.

Dans son roman Eau sauvage, sorti en 2004 aux éditions Allia, Valérie Mréjen avait imaginé le dialogue d’un père avec sa fille. Un échange difficile, restitué simplement par les paroles du père, y compris en retranscrivant de brefs messages qu’il dépose sur le répondeur téléphonique de sa fille. La position de celle-ci est judicieusement laissée dans l’ombre, comme pour mieux libérer l’imaginaire du lecteur.

Seules nous parviennent les répliques de ce père envahissant, démonstratif, préoccupé jusqu’à l’angoisse par le bonheur de sa fille, alternant les excès d’attention et les reproches, toujours encombré par une maladresse qui se révèle touchante.

Nouveaux horizons

Portrait générationnel (Valérie Mréjen est née en 1969), le livre met en relief les tics de langage et les clichés d’une époque qui est encore la nôtre. Il n’a d’ailleurs pas pris une ride puisque tout ce qui est montré de la relation entre un père et sa fille est porteur d’universalité. D’autant plus que ce court roman se concentre sur ce moment clé où les enfants deviennent adultes, nouant forcément un nouveau rapport avec leurs parents.

Julien Fisera, metteur en scène de la compagnie Espace Commun, venue de Seine-Saint-Denis, s’empare de ce texte bourré d’humour avec un dispositif scénique où la vidéo et le travail sonore occupent une large place. Ce qui n’empêche aucunement la comédienne Bénédicte Cerutti d’imposer sa présence chaleureuse. Tandis que les images projetées ouvrent des horizons inattendus.

Eau sauvage – Du 28 au 30 avril à 20h, aux Ateliers, Lyon 2e.
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