Loïc Lantoine et le Very Big Experimental Toubifri Orchestra © DR
Loïc Lantoine et le Very Big Experimental Toubifri Orchestra © DR

Un orchestre impossible et un poète de chantier à l’opéra de Lyon samedi

Loïc Lantoine et le Very Big Experimental Toubifri Orchestra ne rentraient pas “underground”, ils ont droit à la grande salle de l’opéra. Vous aussi.

Branle-bas de combat à l’opéra ! C’est bien beau de programmer des projets fous dans le cadre de la saison Underground, encore faut-il les faire rentrer sur la scène de l’Amphi… Ce coup-ci, c’était mission impossible. Qu’à cela ne tienne, on a réquisitionné la grande salle pour caser ce (pas si) petit monde. Car The Very Big Experimental Toubifri Orchestra – en plus d’avoir un nom à coucher dehors – ne tient ni en place ni dans les espaces confinés. Imaginez un orchestre atypique (c’est un euphémisme) embarquant deux batteries, un vibraphone, des vents à la douzaine (flûte, clarinette, saxos, trompettes, trombones), guitare, basse et claviers… Soit dix-huit musiciens, un combo bordélique et peu transportable qui ne tient pas davantage dans les cases tant son style inclassable se situe aux frontières du jazz, de la pop, du classique, des musiques contemporaines, j’en passe et des meilleures.

Tout irait pour le mieux si nous étions arrivés au bout de la description, mais il se trouve que le portrait n’est qu’à moitié dressé puisque le joyeux escadron coloré (voire déguisé) est là pour donner la réplique aux textes d’un étrange type posté au-devant de la scène, chantant ou récitant ses poésies réalistes et romantiques avec un léger accent du Nord. À mi-chemin entre un poème de Verlaine et une conversation de comptoir chti, Loïc Lantoine est à la fois le doyen (de loin) du jeune orchestre, sa voix (brute de décoffrage) et son âme (de baroudeur). Une équation impossible à résoudre, qui en fait tout l’intérêt !

Loïc Lantoine & The Very Big Experimental Toubifri Orchestra – Samedi 25 janvier à 20h dans la grande salle de l’opéra de Lyon (programmation Underground)


[Article extrait du cahier Culture de Lyon Capitale n° 795 – Janvier 2020]

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