ZAZIE, TOTEM A LA FOLIE

Totem, du nom de son dernier album enregistré dans les conditions "live". Entretien.

Lyon Capitale : Quels souvenirs gardez-vous de vos précédents passages à Lyon ?
Zazie : Des souvenirs très forts. Lyon est une grande ville et les gens ont le même accès à la culture qu'à Paris, avec les mêmes exigences que certains parisiens. La première fois que je suis venue ici, j'étais tétanisée, d'autant plus que c'est la ville d'origine de beaucoup de mes proches. Mon tourneur, mon régisseur sont d'ici et ils ne voulaient pas se planter. Et puis, une partie de ma famille vient de Villefranche.

La première fois, je devais jouer au Petit Transbordeur. Et puis, finalement, les billets se vendaient bien et j'ai fait le Grand Transbordeur. Il y a dans cette salle une très bonne acoustique. Un peu comme dans un studio, on n'entend pas le public. Pendant deux heures, j'étais donc seule au monde. Je croyais que j'avais fait le pire concert de ma vie, avant que les gens n'applaudissent et que je comprenne qu'ils avaient apprécié. Lyon, c'est aussi le souvenir du meilleur concert que j'n'ai jamais vu. C'était Radiohead pour la tournée de Creep. Un concert incroyable. C'est aussi à Lyon que j'ai découvert mon premier grand hôtel, la Cour des Loges, dans le vieux Lyon, lors de la tournée de Sol En Si.

Vous écrivez pour vous mais aussi beaucoup pour les autres. Comment passe-t-on de l'un à l'autre ?
Quand j'écris pour moi, j'ai une totale liberté. Même si avoir trop de liberté, c'est pénible parfois. Si j'ai envie de dire : "Je ne suis pas Zazie, je suis Cunégonde", je le dis. On peut aussi se permettre de ne pas être honnête avec soi-même, ce qui est impossible quand on écrit pour quelqu'un d'autre. L'approche est différente, avec beaucoup plus d'humilité. Par exemple, j'ai écrit une chanson, Hypochondriaque, pour Calogero. Je n'aurais jamais écrit ces textes pour moi, ça ne me ressemble pas. Lui, oui. En bonne hétéro, j'aime écrire pour les garçons.

Avec quels artistes aimeriez-vous collaborer ?
Radiohead, Kate Bush sont des artistes que je respecte énormément, des intouchables. Mais je n'oserais jamais leur demander de travailler avec eux. Je suis très timide et même s'ils me le demandaient, je crois que je dirais non, bêtement. Il y a des gens que j'aimerais croiser, mais je ne ferai jamais le forcing, c'est l'occasion qui fait le larron.

La Biennale d'art contemporain vient d'ouvrir ses portes à Lyon. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
J'ai un rapport à l'art très particulier. La seule question que je me pose c'est : "Est-ce que ça me touche ou pas ?". Quand je ressens un truc face à une œuvre, je me tamponne de savoir si c'est untel ou untel qui l'a faite. D'ailleurs, je suis nulle en culture artistique. J'aime bien les installations qui sont à cheval entre l'expo et le happening. Je trouve ça rigolo et puis, de façon très égocentrique, je me demande toujours comment je pourrais m'en servir.

Cette année, Brian Jungen expose une série de totems à la Sucrière. Totem, c'est aussi le nom de votre dernier album...
Cela doit être une œuvre formidable ! ! ! (Rires)

Samedi 29 septembre à 20h à la Halle Tony Garnier, 20 place Antonin Poncet, Lyon 7.
04 72 76 85 85.
www.halle-tony-garnier.fr

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